Life

Les riches n'ont pas d'empathie

Slate.fr, mis à jour le 29.11.2010 à 10 h 52

Les riches ont moins d'empathie que les pauvres, affirme une étude parue dans Psychological Science. D'après les chercheurs, la réussite de la classe défavorisée dépend beaucoup de la capacité de ses membres à compter sur les autres. Par exemple, explique Science Daily, si on ne peut pas se permettre d'avoir une nounou ou une baby-sitter, on doit compter sur ses voisins ou sa famille pour qu'ils surveillent les enfants pendant qu'on travaille.

Pour une de leurs expériences, les chercheurs ont utilisé des volontaires qui travaillaient dans une université, en déterminant leur classe sociale par leur niveau d'études. Dans un test de perception émotionnelle, les volontaires ont regardé des photos de visages et ont dû dire quelles émotions ces visages traduisaient. Les gens les plus éduqués ont eu de moins bons résultats que les gens les moins éduqués. Lors d'une autre, les étudiants de classe supérieure (déterminée par les propres perceptions de chaque étudiant sur le statut socio-économique de sa famille) avaient plus de mal à lire correctement les émotions d'un inconnu pendant un entretien d'embauche en groupe.

Pourquoi cette différence? Les chercheurs pensent que les personnes riches peuvent résoudre leurs problèmes grâce à leur argent, elles ne dépendent donc pas autant de l'entraide fournie par les autres. Alors que les gens pauvres «vivent des vies définies par la menace. Ils sont menacés par leur environnement, par les institutions, par d'autres gens. Une des stratégies les plus adaptées à la menace c'est d'être très vigilant, d'être présent pour les autres et d'essayer de promouvoir la coopération pour construire des alliances fortes», expliquent les chercheurs au Time.

Une dernière expérience a ainsi montré que quand les gens se sentent d'une classe sociale inférieure à leur véritable classe sociale, ils deviennent plus empathiques. Pour les scientifiques, ce test montre que «ce n'est pas quelque chose d'ancré dans l'individu», et que les stéréotypes que nous avons sur les classes sociales sont faux:

«Ce n'est pas vrai qu'une personne qui appartient à la classe populaire va, quoi qu'il arrive, être moins intelligent qu'une personne riche. Tout dépend du contexte social dans lequel une personne vit, et des défis spécifiques auxquels une personne doit faire face. Si vous pouvez modifier ce contexte, même de façon temporaire, les différences de comportement entre les classes sociales peuvent être éliminées.»

Ces expériences pourrait aussi expliquer pourquoi plusieurs études trouvent une différence d'empathie entre les deux sexes, avec les femmes plus empathiques que les hommes: elles ont généralement moins de pouvoir que ces derniers, note le Time.

Photo: Money-50-euro / Public Domain Photos via Flickr CC License By

Slate.fr
Slate.fr (9124 articles)
En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l’utilisation de cookies pour réaliser des statistiques de visites, vous proposer des publicités adaptées à vos centres d’intérêt et nous suivre sur les réseaux sociaux. > Paramétrer > J'accepte