Monde

Décryptez les Statelogs avec Slate.fr, Owni et LeSoir

Slate.fr, mis à jour le 28.11.2010 à 20 h 50

Nous ne sommes plus qu'à quelques heures de la publication des Statelogs par Wikileaks: 251.287 mémos diplomatiques, dont le plus ancien daterait de 1966 et dont certains concerneraient directement la France.

Le compte à rebours est désormais lancé, nous ne sommes plus qu'à quelques heures d'une fuite de mémos diplomatiques qui pourrait être la plus importante de l'organisation. Slate.fr vous propose de décrypter cette nouvelle fournée avec Owni.fr et LeSoir.be (lire plus bas le descriptif de l'opération).

Après les mémos de l'armée américaine, il s'agit cette fois-ci de «câbles» diplomatiques échangés entre les Etats-Unis et d'autres gouvernements (sur le modèle du mémo de l'ambassade américaine en Islande, publié par Wikileaks en janvier, rappelle Owni).

Les documents devraient être mis en ligne ce dimanche 28 novembre au soir. Wikileaks a tweeté en fin d'après-midi que son site subissait une attaque par déni de service, ce qui pourrait potentiellement affecter le moment où le site –et donc les documents– seront accessibles, avant de préciser dans un autre tweet que les rédactions partenaires (El Pais, The Guardian, The New York Times, Le Monde et Der Spiegel) publieront des «câbles» et leurs analyses dès ce soir, quoi qu'il arrive.

Qu'apprendrons-nous dans ces mémos? En toute simplicité, le porte-parole de l'organisation Julian Assange a déclaré dans une interview en visio-conférence avec des journalistes jordaniens:

«Les documents que nous nous apprêtons à publier concernent tous les grands sujets dans tous les pays du monde.»

La sécurité nationale des pays cités dans ces mémos n'est pas la seule à être en jeu: le Daily Mail rapporte ainsi que le gouvernement britannique se prépare à des révélations potentiellement très embarassantes sur ce que pensent les Etats-Unis de la Grande Bretagne et de ses leaders, et de ce que les deux pays pensent d'autres gouvernements, comme le nôtre...:

Un responsable britannique a dit qu'ils craignaient voir émerger le mépris des Américains et des Britanniques pour les Français.

«Se plaindre des Français était pratiquement un sport», a-t-il dit.

Der Spiegel, partenaire habituel de Wikileaks, donne des précisions sur son site, rapporte Owni: 

  • 251.287 mémos diplomatiques seront publiés
  • dont 8.000 documents qui sont des directives du Département d’Etat américain
  • Les partenaires presse sont: New York Times, Der Spiegel, le Guardian, El Pais et Le Monde
  • 15.652 mémos sont classifiés «secret»

Selon Owni.fr, «entre 500 et 1.000 mémos concerneraient directement la France». Der Spiegel publie également une carte montrant les pays concernés par les documents:

Sans trop de surprise, on peut constater que les régions couvertes sont en majorité l'Europe, l'Asie et les l'Amérique du nord (pour le moment, l'article expliquant la carte n'est pas accessible sur le site allemand).

Der Spiegel précise qu'un seul document date de 1966 et que la majorité des autres sont ultérieurs à 2004. Il s'agit de mémos diplomatiques «généralement établis par les diplomates, les ambassadeurs, consuls, ou leurs employés. Ils contiennent généralement des évaluations de la situation politique dans le pays, les protocoles de réunion, des informations générales sur les décisions du personnel et des événements –ou des profils de personnalité des politiciens».

Depuis l'annonce de la future mise en ligne, l'ensemble des gouvernements sont en état d'alerte. Mercredi, Washington a déclaré que «ses services diplomatiques avaient entrepris de préparer des gouvernements étrangers à la publication prochaine de documents secrets susceptibles de créer des «tensions» avec eux», rapportait l'AFP.

Parmi ces gouvernements alertés, listés par l'AFP et Owni:

Comme le souligne Owni dans son live, depuis samedi 16h, le conditionnel n'est plus de mise: 

Dans plusieurs médias, les journalistes ne s'embarrassent plus du conditionnel pour évoquer les Statelogs. Sur la radio canadienne 98,5 FM, Normand Lester, spécialiste de la diplomatie américaine depuis plusieurs décennies, prédit un désastre, «la plus grande catastrophe diplomatique de l'histoire des relations internationales». Il évoque une «chronique crue» des rapports entre les Etats, et cite cinq rédactions: le New York Times, Der Spiegel, le Guardian, mais aussi El Pais et Le Monde. A la différence des trois premiers journaux cités, les deux derniers ne seraient en possession que d'une partie des documents, qui concerneraient leur propre pays.

Les Statelogs

Cela avait commencé par deux tweets sur le compte de microblogging @wikileaks promettant de diffuser sept fois plus de documents que lors de la précédante fournée sur l'Irak (400.000 warlogs, venant après les plus de 92.000 documents sur la guerre en Afghanistan):

[Finalement, il semblerait qu'il s'agissait d'un chiffre très exagéré.] Des documents qui ne devraient pas moins que changer notre vision du monde:

Pour mieux vous retrouver dans la masse des documents, Slate.fr, en partenariat avec Owni.fr et LeSoir.be vous propose de suivre les développement grâce au live-blogging assuré par Owni ainsi que grâce à une application développée pour l'occasion. Lors de la publication des Warlogs irakiens, WikiLeaks avait directement contacté Owni.fr pour que le site fournisse l'application qui permettait de naviguer à travers les rapports de situation écrits par l'armée américaine. Cette fois-ci, Owni.fr a choisi de se mettre dans une situation qui ne le rende pas dépendant d'une clause de confidentialité. Et Slate.fr et LeSoir.be ont décidé d'accompagner la démarche. Slate.fr est ainsi partenaire de l'application développée (comme cela avait été le cas lors de la publication des documents sur l'Afghanistan), et qui sera en ligne dès dimanche.

Il y a eu les warlogs, cette fois-ci, les équipes d'Owni ont convenu d'appeler cette opération #Statelogs.

D'ici quelques heures, en cliquant sur l'image ci-dessous, vous pourrez accéder à l'application.

 

Wikileaks s'est fait connaître en diffusant la vidéo d’un hélicoptère Apache tuant des civils irakiens et un journaliste de Reuters. Par la suite, Il a diffusé 92.000 documents sur la guerre en Afghanistan. Enfin, en octobre, Wikileaks était à l’origine de la plus grande fuite de l’histoire militaire: le site a envoyé plus de 390.000 documents classifiés sur les guerres d’Irak et d’Afghanistan au New York Times, au Guardian, au Spiegel et au Monde.

Les semaines suivant la diffusion des documents sur la guerre en Irak, les gouvernements américain et européens ont mis la pression sur Assange pour des accusations de viol et d’attouchements sexuels.

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