France

Crash du Rio-Paris: Air France accuse Airbus

Slate.fr, mis à jour le 26.11.2010 à 11 h 05

«Air France accuse Airbus»: c’est le titre qui s’affiche en une de Libération, qui publie (article en accès payant) un mémo confidentiel transmis par la compagnie aérienne à la justice, et qui pointe la responsabilité de l’avionneur dans le crash du vol Rio-Paris, qui avait causé la mort de 228 passagers et membres d’équipage le 1er juin 2009. Une procédure qui détonne «dans le monde de l’aéronautique, réputé pour sa solidarité».

Ce document «accuse le constructeur d’avoir ignoré [de] nombreuses alertes sur les sondes Pitot» de mesure de vitesse, dont la défaillance due à des cristaux de glace constitue «selon les experts judiciaires, le seul "facteur contributif" certain de l’accident». Thales, le fabricant des sondes, est également critiqué. La compagnie aérienne française a joint à son courrier seize documents faisant état d’alertes auprès d’Airbus sur le givrage de sondes, et se plaint que l’avionneur, filiale du groupe aéronautique européen EADS, n’ait pas donné suite à sa demande d’installation de sondes Goodrich. Selon une source proche d’Airbus citée par Libération, l’avionneur affirme lui n’avoir jamais reçu de requête en changement de sondes, et semblerait convaincu qu’il y a «un problème spécifique chez Air France» concernant cet équipement.

Dans une longue enquête sur le crash publiée en mai, le magazine Challenges affirmait que ce sujet des sondes constituait «le parfait révélateur des relations tendues entre Air France et Airbus depuis des années» et décrivait lui aussi l’«incroyable série d'incidents» ayant frappé la flotte de l’avionneur avant le crash fatal. Selon lui, des lots de nouvelles sondes Thales plus perfectionnées avaient bien été commandés, mais ils n’étaient arrivés que le 26 mai, «six jours avant l'accident du Rio-Paris».

Alors que les boîtes noires de l’A330 naufragé restent pour l’instant introuvables, une quatrième phase de recherche de l’épave en mer a été annoncée jeudi par le nouveau secrétaire d’Etat aux Transports, Thierry Mariani. Selon l’AFP, «quelque 20 millions d'euros ont déjà été dépensés, en majeure partie par Airbus et Air France», lors des trois premières phases de recherche.

Photo: des débris du vol AF447 Rio-Paris, naufragé le 1er juin 2009. REUTERS/Brazilian Air Force.

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