Monde

«Aucun de vous n'est pédophile»: quand Berlusconi se moque de Sarkozy

Slate.fr, mis à jour le 25.11.2010 à 18 h 19

«J'ai l'intime conviction qu'aucun de vous n'est pédophile. Bon travail et tenez-vous bien!»

Heureusement que Silvio Berlusconi est là. A l'issue d'une conférence de presse avec la ministre italienne de la Jeunesse Giorgia Meloni, Silvio Berlusconi est venu au secours des journalistes moqués par Nicolas Sarkozy. Enfin plus ou moins.

Mais recontextualisons. Le 19 novembre 2010, en marge du sommet de l'Otan à Lisbonne, Nicolas Sarkozy s'emporte contre les journalistes. Au cours d'une rencontre informelle avec les envoyés spéciaux, le président de la République, interrogé à propos des soupçons qui pèsent sur lui dans l'affaire Karachi, demande à un journaliste comment il réagirait s'il était accusé de pédophilie. Puis conclut la rencontre par un: «Amis pédophiles, à demain!».

L'information fait le tour du monde. Elle ne peut pas passer inaperçue pour Silvio Berlusconi, spécialiste des blagues et des bourdes. Alors, quand il s'agit d'attaquer les journalistes, le président du conseil italien invoque son ami français.

«On n'en peut plus de l'information qui désinforme», déclare le Cavaliere à la conférence de presse. Puis Berlusconi lance le parallèle avec la France, explique l'Asca: il s'agit de situations «qu'on rencontre dans d'autres pays». Et cite le cas de Nicolas Sarkozy, «qui s'est adressé à un journaliste en lui disant: "Il semblerait que vous soyez pédophile... Qui me l'a dit? J'en ai l'intime conviction. Les services. De source orale"».

Et, tout comme Nicolas Sarkoy, le président italien conclut la conférence de presse par une boutade: «J'ai l'intime conviction qu'aucun de vous n'est pédophile.»

Mais s'ils ne sont pas pédophiles, les journalistes italiens sont «pire que Télé Kaboul», lit-on sur le Parisien. Même s'il se moque du président français, Berlusconi n'a pas pu s'empêcher, au cours de la même conférence de presse, d'indiquer à une des journalistes de la chaîne publique Rai3, proche de la gauche, qu'il aurait «trouvé spirituel» qu'elle se présente comme travaillant pour Télé Kaboul.

Comme elle lui rétorquait «vous savez bien que nous ne sommes pas Télé Kaboul», le président du conseil a lancé: «Oui je sais, c'est même pire.»

Photo: Silvio Berlusconi / la-moncloa.es via Wikimedia Commons CC

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