France

Fuite de documents confidentiels sur le Flash-Ball

Slate.fr, mis à jour le 25.11.2010 à 18 h 30

Comment le Flash-Ball s’est-il peu à peu imposé comme une arme de choix dans la police française au cours des quinze dernières années? Owni offre une réponse détaillée et très instructive à cette question autour de la fameuse «arme non-létale» qui fait régulièrement l’objet de polémiques sur sa dangerosité réelle.

A travers la publication de quinze documents internes et confidentiels de la police (circulaires, modes d’emplois, notes de service) présentés de manière interactive, le site retrace le chemin parcouru par le Flash-Ball, «d’abord réservé à des services d’élite dans des cadres d’intervention stricts et particulièrement dangereux» et qui «va se généraliser»:

«Dans l’intervalle, l’équipement a changé: du Flash-Ball SuperPro, la police est passée au 40×46 Exact Impact. Un monde qui marque la rupture tactique: adieu l’arme dissuasive initiale, voici le temps du Flash-Ball pour tous. […] Paradoxe: plus l’arme est généralisée, et son usage élargi, plus elle est soumise à des restrictions et à des réserves. Année après année, bavure après incident, les “doctrines d’emploi” s’allongent, se précisent, racontent ce que les militaires appelleraient des dommages collatéraux.»

Les cas de blessures liées à l’utilisation de l’arme se sont multipliés au cours des dernières années. Mardi 9 novembre, une information judiciaire pour «violences volontaires ayant entraîné une ITT de plus de huit jours avec usage d’une arme par personne dépositaire de l’autorité publique» était ouverte à la suite d'un tir de Flash-Ball qui avait grièvement blessé au visage un lycéen un mois plus tôt à Montreuil-sous-Bois, en marge des manifestations contre la réforme des retraites. Europe 1 rapportait alors:

«Le jeune homme a été blessé à l’œil et a subi plusieurs opérations depuis. Son oeil a été sauvé, mais avec une acuité visuelle très basse - de 1,5/10 -. […] Par ailleurs, il reste handicapé à la mâchoire: il ne peut toujours pas mâcher

Après un incident similaire (la perte d’un œil par un jeune homme, toujours à Montreuil, en juillet 2009 à la suite d'un tir de Flash-Ball), la commission nationale de déontologie et de sécurité avait dénoncé les «blessures graves et irréversibles» occasionnées par l'utilisation de l'arme en question.

Photo: Des policiers avec un Flash-Ball à Lyon le 15 octobre 2010, REUTERS/Robert Pratta 

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