Monde

Le leader taliban était un imposteur

Temps de lecture : 2 min

Il disait être le mollah Akhtar Muhammad Mansour, présenté par certains comme le numéro deux des talibans derrière le mollah Omar, et participait à des négociations avec les autorités afghanes pour mettre fin à la guerre. Selon le New York Times, l’un des journaux qui retrace cet «épisode digne d’un roman d’espionnage», des dirigeants afghans et américains ont révélé que l’homme en question était en réalité un imposteur.

«Ce n’est pas lui, et nous lui avons donné beaucoup d’argent», a expliqué un diplomate occidental impliqué dans les discussions à Kaboul. D’après le quotidien, «le faux leader taliban aurait même rencontré Hamid Karzai au palais présidentiel après avoir été transporté à Kaboul par un avion de l’Otan». Le New York Times raconte également qu’il avait enlevé le nom de Mansour d’un article publié il y a un mois à la demande de la Maison Blanche, qui craignait à l’époque que cela ne mette les pourparlers en danger.

Selon le Washington Post, qui rapporte également l’histoire, deux hauts dirigeants afghans estiment que l’homme, jugé «très intelligent» mais dont les motivations (argent ou coup monté par les services secrets pakistanais, pays dans lequel se cacheraient les leaders talibans) restent peu claires, serait «un modeste commerçant de la ville pakistanaise de Qetta». La supercherie aurait été éventée après que les Afghans aient montré des photographies de l’homme à des personnes connaissant le vrai mollah Akhtar Muhammad Mansour.

D’après le New York Times, cet épisode rocambolesque reflète «l’atmosphère incertaine et même bizarre dans laquelle les leaders américains et afghans cherchent à mettre fin à une guerre de neuf ans», tandis que le Washington Post considère qu’il «montre la difficulté qu’il y a à séparer la vérité de la tromperie dans le chemin vers la paix et punit ceux qui avaient placé des espoirs trop importants dans la progression des négociations». Un dirigeant de l’Otan estime que 40% des talibans qui se présentent devant le gouvernement n’appartiennent en réalité pas au mouvement, mais cherchent à gagner de l’argent ou une protection.

Photo: le palais présidentiel à Kaboul. REUTERS/Musadeq Sadeq.

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