France

SOS Amitié, j'écoute depuis 50 ans

Temps de lecture : 2 min

Samedi soir, l’association SOS Amitié fêtera officiellement ses 50 ans par une soirée organisée à Paris, pour rendre hommage à ses milliers de bénévoles qui ont «écouté plus de 25 millions de personnes depuis 1960», rappelle Nicole Viallat, la présidente de SOS Amitié Ile-de-France au «Parisien».

L’association, fondée en 1960 à Boulogne Billancourt, a un peu changé. Ce n’est plus exactement la même que celle qui était au cœur du «Père Noël est une ordure», la pièce puis le film qui ont contribué à son succès et sa notoriété (SOS Détresse alors).

Aujourd’hui, le mail et le chat se sont ajoutés aux appels téléphoniques, mais le but de l’association reste le même:

«Etre à l’écoute des Français, qui vivent une période difficile dans leurs études, dans la vie de tous les jours, une éventuelle séparation, une déchirure, la solitude, la douleur physique ou morale, ou encore un mal-être - avec parfois cette envie lancinante de mettre fin à cette souffrance par le suicide.»

24h/24, 7 jours sur 7, 365 jours par an.

Aujourd’hui, le mal numéro 1 auquel sont confrontés les appelants de l’association serait la solitude. «En 2009, 25 % des 727.000 appels que nous avons reçus avaient pour motif principal la solitude, explique Daniel Boissaye, le président de SOS Amitié, dans Paris Match. Les coups de fil pour cette raison progressent plus vite que la moyenne de nos appels. Ils ont augmenté de 54 % par rapport à 2000!». Ces appels viennent aussi de «Français intégrés dans la société, ayant une famille et un travail, qui ne parviennent pas à en parler à leur entourage. »

Les écoutants, eux, 1.800 à travers la France, ont eux de plus en plus de difficultés à assurer la permanence de l’association, ajoute Daniel Boissaye.

«Nous sommes en manque de bénévoles ­depuis des ­années et cela empire avec l’augmentation des appels. A l’approche des fêtes de fin d’année, nous aurions ­besoin de 600 bénévoles supplémentaires».

Des bénévoles comme Gérard, le doyen des écoutants, que le Parisien a interrogé, un «élégant monsieur de 76 ans, à la voix claire, [qui] a décroché le combiné quelques centaines de milliers de fois» depuis 1963. Et qui se ressource, entre deux histoires difficiles, en dessinant sur un bout de papier, ou en grignotant un bout chocolat qui traîne.

Bonne fête Gérard.

En savoir plus:

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