France

Les contrevérités de Nicolas Sarkozy décortiquées

Temps de lecture : 2 min

Plusieurs journaux reviennent ce 18 novembre sur les propos prononcés par Nicolas Sarkozy mardi soir lors de son interview post-remaniement, pour mieux les réfuter ou les nuancer (un exercice auquel Slate s’était essayé en direct). Comme le rapporte Arrêt sur images, Libération et Le Parisien exposent respectivement «une série de contrevérités» (sous le titre de Une «les 9 intox de Sarkozy») et «cinq petits arrangements avec la vérité». Le premier estime que le président de la République a déformé la réalité en affirmant que Eric Woerth avait voulu quitter le gouvernement de lui-même ou qu’il avait nommé un gouvernement allégé de 30% (il l'est en réalité de 19%), ou en prédisant que 50% des lycéens d’aujourd’hui vivraient jusqu’à 100 ans.

Le Parisien, lui, dément entre autres l’affirmation élyséenne selon laquelle le gouvernement n’est pas «partisan», alors que la proportion des ministres UMP y a augmenté, et s’interroge sur sa défense de la présomption d’innocence d'Eric Woerth alors qu’il avait désigné Dominique de Villepin comme «coupable» depuis New York en 2009, dans le cadre de l’affaire Clearstream.

Dans le même ordre d’idée, Mediapart fustigeait mercredi «un président flou, flou, flou», notamment dans ses comparaisons avec l’Allemagne: «le recours au prétendu "exemple allemand" est souvent un argument visant à clore la discussion en misant sur l'ignorance de l'interlocuteur», expliquait le site, en affirmant que «au contraire de ce que Nicolas Sarkozy a affirmé à de nombreuses reprises, à tort, [...] l'Allemagne n'a jamais eu de bouclier fiscal».

Sur le même ton, c’est un catalogue de «contrevérités, esbroufe et fautes de goût» que dressait Rue89, qui s’interrogeait notamment sur l’influence attribuée à la France sur la libération d’Aung San Suu Kyi en Birmanie, ou sur l’éloge de la stabilité gouvernementale, et notamment de Bercy, fait par le chef de l’Etat alors que le gouvernement en est désormais à son quatrième ministre des Affaires européennes en autant d'années (Jean-Pierre Jouyet, Bruno Le Maire, Pierre Lellouche et Laurent Wauquiez).

Enfin, d'autres publications se sont livrées à un fact-checking plus spécialisé sur des points précis du discours présidentiel. Le blogueur Maître Eolas démonte ainsi la dernière «fusée présidentielle» que constitue la création de jurys populaires en matière correctionnelle, en arguant par exemple du nombre élevé de renvois dans ce genre d'affaires, qui compliquerait la convocation de jurés. L'édition vendéenne de Ouest-France, elle, dément le propos présidentiel sur les sinistrés de la tempête Xynthia «qui furent expropriés»: ils ne l'ont pas encore été, puisque les acquisitions à l'amiable des maisons situées en zone noire n'ont pas été effectuées.

UPDATE. Article actualisé le 19 novembre avec les extraits de Ouest-France et du blog de Maître Eolas.

Photo: Nicolas Sarkozy le 16 novembre à la télévision. REUTERS/TF1.

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