Monde

Haïti: le choléra fait 1.000 morts et des émeutes

Slate.fr, mis à jour le 17.11.2010 à 9 h 35

L’épidémie de choléra qui sévit en Haïti a déjà fait plus de 1.000 morts, et les manifestants continuent d’occuper les rues pour protester contre la source présumée de l’épidémie: les casques bleus népalais de l’ONU.

Lundi 15 novembre, des heurts avaient éclaté un peu partout dans le pays, faisant au moins deux morts et 14 blessés selon Le Figaro. Les écoles et les banques ont été fermées dans la deuxième ville du pays, Cap-Haïtien, après que la foule a mis le feu à un poste de police et menacé de faire de même avec une base des Nations unies. «Dans un premier temps, (les Casques bleus) ont tiré pour disperser les manifestants et, dans un deuxième temps, j'ai l'impression qu'ils ont tiré à hauteur d'homme», a raconté le juge de paix Bimps Noël, précisant que les «chars de l'ONU avaient fait l'objet de jets de pierre».

Selon GlobalPost, la tension entre Haïtiens et casques bleus monte depuis plusieurs mois, et beaucoup de Haïtiens pensent que l’épidémie meurtrière de choléra est venue d’une fuite dans les évacuations d’eau de la base des Nations unies dans le fleuve Artibonite. Si le choléra peut se soigner, le manque de ressources et d’eau potable contribuent à la diffusion.

La mission de l’ONU en Haïti a estimé mardi dans un communiqué que les manifestations étaient politiques et a demandé aux Haïtiens de ne pas se faire «manipuler par les ennemis de la stabilité et de la démocratie»: «la manière dont les évènements se sont déroulés portent à croire que les incidents avaient une motivation politique visant à créer un climat d’insécurité à la veille des élections», écrivent les responsables des Nations unies.

Le président René Préval a lancé mardi soir un appel au calme, mais le maire de Cap-Haïtien, en déplacement en France, a exigé que «ceux qui ont massacré la population» soient identifiés et punis, estimant que les casques bleus «avaient les moyens de se protéger des pierres jetées par les manifestants. Les militaires sont là pour créer la paix,pas pour donner la mort».

Lundi, les responsables de la santé estimaient que sans le soutien médical nécessaire, le pays peut s’attendre à une «augmentation significative» du nombre de nouveaux cas de choléra.

Photo: Des parents de personnes atteintes par le choléra patientent à l'extérieur de l'hôpital de Saint-Marc, le 22 octobre 2010. E. SAINT-FELIX / REUTERS

À REGARDER notre Grand Format: Après le séisme, le choléra

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