Monde

L'Inde de plus en plus frappée par le diabète

Temps de lecture : 2 min

Qui dit qu'amélioration des conditions de vie rime avec meilleure santé? On découvre, sur Bloomberg, que la science joue un sale tour à l'Inde: alors même que 400 millions d'Indiens rejoignent la classe moyenne, que le pays a une croissance moyenne annuelle de 7% , que les conditions de vie s'améliorent, la société indienne est toujours plus touchée par le diabète. Ironie du sort: des générations de pauvreté, de malnutrition et de travaux physique lourds font que les Indiens sont mal préparés à la vie sédentaire et aux régimes alimentaires riches.

Résultat: un million d’Indiens devraient succomber au diabète cette année, selon la Fédération internationale du diabète. Avec 50 millions de cas, l'Inde est parmi les pays les plus affectés par cette maladie.

Tout commence avant même la naissance: des mères sous-alimentées mettent au monde des bébés petits et sous-alimentés, dont le métabolisme est équipé pour la privation, mais pas pour l'abondance.

Dans l'Inde urbaine, le diabète de type 2 concernait 3-4% des adultes au milieu des années 1980. Aujourd'hui, il en touche entre 11 et 12%.

Et le diabète ne fait pas qu'augmenter: il touche aussi les Indiens plus tôt. Ils en souffrent à 42,5 ans en moyenne, soit une décennie avant les Européens. Le diabète frappe donc une population de salariés, et les parents pendant leurs primes. Conséquence: la maladie coûte très cher au pays. D'après une estimation de 2007 du Economist Intelligence Unit, elle fait perdre 2,1% à la croissance annuelle du produit intérieur brut de l’Inde.

Interrogé par Marketplace, Jason Gale, auteur de l'article, cite une étude de la Banque mondiale d'après laquelle «si l'Inde éliminait toutes ses maladies non transmissibles, comme le diabète et les problèmes cardiaques, son économie serait de 4 à 10% plus importante».

La maladie met ainsi en péril la croissance indienne. «Si on pense à des pays comme l'Inde, qui n'arrivent pas à vacciner tous leurs enfants, on se demande comment ils vont combattre une épidémie d'une maladie non transmissible, déclare Mark Hanson, président de l'International Society for Developmental Origins of Health and Disease. C'est une menace aussi grande que le réchauffement climatique. Elle va ruiner l'économie mondiale dans les prochains 20 et 30 ans.»

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Photo: Indian girls, gustaffo89 via Flickr CC License by

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