Life

Nés pour rire, nous apprenons à pleurer

Slate.fr, mis à jour le 12.11.2010 à 11 h 20

On ne pleure pas, mais on rit de bon cœur. La science semblerait donner raison à l'expression: une nouvelle étude démontre que parmi tous les sons que les hommes émettent, seul le rire et le soulagement sont instinctifs, explique Aol News. Les autres expressions, nous les apprenons des autres.

Pour comprendre quelles émotions vocalisées sont instinctives, une équipe du Max Planck Institute for Psycholinguistics à Nijmegen, aux Pays-Bas, a demandé à seize personnes, dont huit malentendants, de vocaliser neuf émotions différentes, sans passer par les mots. Parmi ces expressions, il y avait la peur, le soulagement, la rage, l'hilarité, le triomphe, le dégoût, et la tristesse.

Les chercheurs ont ensuite fait écouter ces sons à 25 personnes, en leur demandant de deviner à quelle émotion correspondait chaque son. Et parmi les sons émis par les malentendants, seulement deux ont pu être identifiés, explique le New Scientist: le rire et le soulagement.

L'étude révèle aussi qu'il est plus facile de reconnaître les sons émis par les non malentendants. Même les cris de terreur étaient difficilement identifiables chez les personnes sourdes.

«Ecouter les sons émis par les autres est très important dans le développement de nos sons, afin qu'ils soient compréhensibles par les autres», explique Disa Sauter, qui a dirigé l'équipe de scientifiques. Pour cette chercheuse, le développement du sourire et du soulagement est très important: ces signes de communication permettent d'éviter l'affrontement et de renforcer l'empathie. «Même les autres primates rient, on peut chatouiller un gorille ou un orang-utan», déclare-t-elle.

Mais il faut savoir si les malentendants n'apprennent pas à rire en regardant les autres le faire. Cette hypothèse, soulevée par David Ostry, qui étudie la vocalisation chez les malentendants à la McGill University, au Canada, est en cours d'étude.

Pour Disa Sauter, en savoir plus sur ce que les malentendants vocalisent instinctivement et sur ce qu'ils doivent apprendre, permettrait de mieux interpréter les appels de détresse des bébés sourds.

Photo: Falstaff, Eduard von Grützner, Wikimedia.

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