Monde

Les chiens kamikazes, nouvelle menace terroriste

Slate.fr, mis à jour le 07.11.2010 à 11 h 23

Il y a moins de deux ans, l’armée américaine a découvert dans la zone de fret de l’aéroport de Bagdad deux chiens morts truffés d’un puissant explosif relié à un détonateur. C’est ce que révélait le Figaro lundi 1er novembre, une information qui est passée quelque peu inaperçue dans les médias mais qui indique que les terroristes n’ont pas fini d’inventer de nouvelles méthodes pour déjouer les contrôles de sécurité.

Le quotidien rapporte:

«Ces deux chiens de rue avaient été placés dans des vari kennel (ces cages spéciales pour animaux) destinées à l'embarquement. Ils auraient dû exploser en vol. Mais les terroristes avaient mal recousu les pauvres bêtes qui sont mortes avant le décollage. Ce qui a permis d'éviter un drame, puisque le personnel a pu constater qu'elles étaient inanimées, les extrayant du lot d'animaux à embarquer.»

L’information, qui a été gardée secrète jusqu’ici, avait été communiquée aux Etats-Unis, et une note d'alerte a été rédigée par l'Organisation de l'aviation civile internationale (OACI), qui émet des consignes de sûreté à tous ses pays adhérents, dont la France.

Cet exemple n’est que le dernier en date illustrant les nouvelles techniques toujours plus inventives que tentent de mettre au point les terrorises. Le 28 août 2009, un attentat terroriste en Arabie saoudite avait marqué une nouvelle évolution dans les techniques utilisées par les kamikazes islamistes: après Richard Reid et ses explosifs dissimulés dans ses chaussures, Abul Khair s'était fait sauter à l'aide d'une bombe introduite à l'intérieur de son corps à la manière d'un suppositoire, et déclenchée avec son téléphone portable. Une video d'al-Qaida montrait le terroriste tenant son engin avant son attentat: il s'agit d'une capsule de 7 centimètres environ. La méthode n’était néanmoins pas tout à fait au point: l'explosion n'a pas atteint sa cible, un prince saoudien, et a seulement déchiqueté le corps du terroriste.

Dans un article du 7 novembre 2010, le Washington Post met en garde contre la menace toujours bien réelle d’al-Qaida, et rappelle que la récente découverte de deux colis piégés à destination des Etats-Unis était «un projet terroriste sérieux et sophistiqué»:

«Les bombes étaient conçues de manière si professionnelle que les câblages étaient quasiment indétectables au rayon X. Le matériau utilisé dans les engins, le PETN, est un des explosifs les plus dangereux du monde, et les bombes contenaient dix fois la quantité contenue dans celles de l’attentat raté de Noël 2009.»

Photo: Aéroport de Tegel, Berlin le 20 avril 2010, REUTERS/Thomas Peter 

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