France

Journalistes espionnés: Guéant et Squarcini portent plainte

Slate.fr, mis à jour le 06.11.2010 à 18 h 15

Claude Guéant, secrétaire général de l'Elysée, et Bernard Squarcini, patron de la Direction centrale du renseignement intérieur (DCRI), vont porter plainte pour diffamation après avoir été accusés de mener des opérations illégales visant à espionner et surveiller des journalistes, rapporte le Journal du Dimanche samedi 6 novembre.

«Sarko supervise l’espionnage des journalistes»: c’est le titre choc qui s’affichait en une du Canard Enchaîné et en page 3 mercredi 3 novembre, sous la plume du rédacteur en chef Claude Angeli. D’après l’hebdomadaire satirique, «depuis le début de l’année au moins, dès qu’un journaliste se livre à une enquête gênante pour lui ou pour les siens, Sarkozy demande à Bernard Squarcini, patron du service de Renseignement intérieur (DCRI), de s’intéresser à cet effronté». Au sein de la DCRI, la mission serait confiée à des «anciens des RG» dont la première tâche serait de se procurer «les factures détaillées du poste fixe et du portable du journaliste à espionner» grâce, selon une source de la DCRI, à la «grande complicité» des opérateurs mobiles.

Le lendemain, c’était au tour d’Edwy Plenel, fondateur de Mediapart, dont deux journalistes se plaignent d’avoir été "géolocalisés" via leur portable, de citer Claude Guéant comme étant chargé des opérations de surveillance. Selon le JDD, les deux hommes mis en cause ont donc décidé de contre-attaquer:

«"C’est la première fois de ma vie que je dépose plainte", confie Claude Guéant au JDD, qui voyait son avocat vendredi soir. "On ne peut pas laisser dire n’importe quoi, il y a des limites à tout. Et puis il y a tellement de journalistes disant du mal du Président, je le déplore, que cette tâche que l’on m’impute serait gigantesque! Tout cela est absurde", ironise le plus proche collaborateur du chef de l’Etat. Au même moment, vendredi matin, dans les locaux de la DCRI, à Levallois-Perret, Bernard Squarcini bout sur place. Il a demandé à son avocat, Me Patrick Maisonneuve, de rédiger lui aussi une plainte en diffamation.»

Le Monde précise que Claudé Guéant a décidé de porter plainte contre Mediapart, et non pas contre le Canard Enchaîné. Jeudi 4 novembre, Squarcini et son patron, Frédéric Péchenard, le directeur général de la police nationale (DGPN), ont été entendus pendant près de trois heures par la délégation parlementaire au renseignement sur les affaires d’espionnage de journalistes.

Photo de une: Claude Guéant, Secrétaire général de l'Elysée  / Reuters

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