Monde

Le Congo, pays le plus affamé du monde

Slate.fr, mis à jour le 06.11.2010 à 15 h 33

Alors que nous approchons de 2015, date fixée pour atteindre les objectifs du millénaire pour le développement, l’Institut international de recherche sur les politiques alimentaires (Ifpri) a publié son indice annuel de la faim dans le monde. Parmi les objectifs définis en 2000 par les Nations unies figure celui de réduire de moitié la proportion de personnes souffrant de la faim dans le monde entre 1990 et 2015.

Si les chiffres montrent une amélioration par rapport à ceux de 1990 (le nombre de personnes souffrant de la faim dans le monde a baissé d’un quart), l’indice, qui est calculé sur base de la proportion de population sous-alimentée, l’insuffisance pondérale infantile et le taux de mortalité infantile, reste à un niveau jugé «grave». 

Le rapport souligne que certains pays ont réalisé de vrais progrès entre 1990 et 2010, comme l’Angola, le Ghana, le Mozambique, le Nicaragua et le Vietnam. Mais 29 pays restent encore des niveaux de faim qui sont «extrêmement préoccupants» ou «alarmants». Tous les pays qui sont dans la catégorie «extrêmement alarmants» se situent en Afrique subsaharienne: le Burundi, le Chad, la République Démocratique du Congo et l’Erythrée.

Le site belge La Libre Belgique souligne que la République Démocratique du Congo est le pays qui a subi cette année la plus forte détérioration de son indice, et serait même le pays le plus affamé du monde selon un collectif d’ONG belges et congolaises. Le quotidien  pose la question:

«Si le petit Burundi doit faire face à une raréfaction des champs en raison de l’accroissement de la population rurale, si le Tchad et l’Erythrée doivent se battre contre l’aridité, comment peut-on mourir de faim dans un pays vaste et normalement fertile comme le Congo, dont seules 10 % des terres arables sont cultivées?»

Selon l’Ifpri, la cause principale de la très mauvaise situation alimentaire du pays est l’instabilité politique et les conflits. La Libre Belgique partage ce diagnostic: dans un pays où le potentiel est «incomparable», la population «dynamique et robuste» et les «ressources abondantes» selon les dires de Patrick Houben, du programme de sécurité alimentaire de l’Union européenne à Kinshasa, le seul frein à l’amélioration de la situation est la mauvaise gouvernance. Dans les colonnes du Monde, l'expert en politique internationale Samuel Solvit livre son anaylse sur les causes politiques, sociales et humaines de la situation catastrophique du pays.

Photo: Dans le nord-est du Congo en février 2009, REUTERS/Finbarr O'Reilly 

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