Un spammeur disparaît et les spams sont 20% moins nombreux

Vous n'avez plus à vider votre boîte «courrier indésirable» trois fois par jour? Ça fait longtemps qu'un spam n'a pas émis des doutes sur votre virilité et vous a conseillé du Viagra? Remerciez donc Igor A. Gusev. Cet homme de 31 ans, qui vivait en Russie, est introuvable depuis quelques jours. Une disparition qui coïncide avec une chute de 20% des spams mondiaux.

La police russe soupçonne Gusev d'être l'un des plus gros contributeurs de SpamIt.com, explique le New York Times. Ce site russe est responsable de l'envoi de 50 milliards de spams par jour. Leur thème est majoritairement pharmaceutique: vente de Viagra, mais aussi de médicaments contre l'urticaire, l'acné, la stérilité... Au total, les spams auraient permis à Gusev de gagner 2 millions de dollars.

Jusqu'à présent, Gusev menait ses activités illégales en toute impunité. Sûrement parce que la Russie n'a pas une législation très claire concernant l'envoi de spams. Fin 2009, Newsweek accusait le pays de profiter des hackers pour neutraliser l'espace informatique de ses ennemis, comme en 2008 lors de la guerre en Géorgie

Alors pourquoi la Russie a-t-elle brusquement décidé de s'en prendre à l'un des hackers russes les plus puissants? Selon France24, «la machine bien huilée a commencé à se gripper en octobre 2009. L'un des sites liés à SpamIt, Spamdot.biz, a soudainement redirigé tous ses visiteurs vers le portail des services de sécurité russe (FSB)». Une campagne d'information anti-spam a vite suivi cette attaque informatique. 

Mais c'est surtout la récente visite d'Arnold Schwarzenegger qui a convaincu la Russie d'entamer la chasse aux spammeurs. Quand le gouverneur de la Californie –où se trouve la Silicon Valley, berceau des meilleures entreprises web américaines comme Google ou Facebook– est venu rendre visite à Dimitri Medvedev, il a convaincu le président russe du gigantesque potentiel de l'industrie informatique russe. Seul bémol selon l'ex-Terminator: la mauvaise réputation de cette industrie à l'international.

Un avertissement que Medvedev semble avoir entendu. «Récemment, Medvedev a cherché à renforcer et légitimer l'industrie russe d'Internet –et de l'éloigner de l'idée reçue qu'elle serait un terrain de jeu pour hackers», note le New York Times.

Photo: A Spam? par edans sur everystockphoto.com, License by