France

Emplois fictifs à Paris: Delanoë nie les accusations de Capital

Slate.fr, mis à jour le 28.10.2010 à 9 h 27

Le maire de Paris a décidé de porter plainte contre le magazine Capital pour diffamation, rapporte 20minutes.fr ce jeudi. En cause, un article du magazine qui annonce qu'après l'affaire des emplois fictifs de Jacques Chirac, voici le scandale des emplois fictifs de Bertrand Delanoë.

D'après Capital, «voilà 9 ans que ce cachotier finance avec l’argent du contribuable une bonne trentaine de postes de permanents CGT, planqués dans une des mutuelles de la ville, la MCVPAP».

Le mensuel cite un rapport de l’inspection générale de la capitale, qui «chiffre à 1,2 million d’euros par an le coût de ce petit cadeau, consenti "sans aucun fondement juridique" à l’organisation de Bernard Thibault».

D'après Capital, «on peut donc estimer que plus de 10 millions d’euros ont été consacrés depuis 2001 à cette œuvre charitable. Cinq fois plus que les frasques de Jacques Chirac».

En 2005, rappelle le Figaro, un rapport de l'Inspection générale avait pointé cette anomalie, qui, à l'époque, représentait un coût annuel de 1.187.284 euros. «Malgré les promesses réitérées de Bertrand Delanoë, lit-on sur le quotidien, et de son adjointe en charge des ressources humaines Maïté Errecart, l'Hôtel de Ville n'a jamais mis fin à cette pratique abusive».

Le Figaro cite une lettre adressée par Paul Legal, président de la CFTC Paris, au maire de Paris, datant du 6 juin dernier, rappellant que le 25 juillet 2006, le directeur de cabinet du maire, Bernard Gaudillère, avait affirmé: «une remise en ordre est en cours et s'est d'ores et déjà traduite par le non remplacement de correspondants mutuelles qui partent à la retraite. Au cours des prochaines semaines, cet effort engagé sera poursuivi».

En 2006 et 2008, la CFDT et l'Unsa font deux requêtes auprès de la Ville de Paris, «mais rien ne se passe», explique le Figaro, qui relate la chronologie des promesses non tenues de Bertrand Delanoë: «en mars 2008, pendant sa campagne, Bertrand Delanoë souligne l'illégalité de cette affaire et promet encore d'y mettre fin. En vain. Dans un entretien privé, en avril 2009, le maire de Paris se serait encore engagé à mettre fin à ces heures mutuelles avant fin 2009…». Et, contacté par Le Figaro mardi 26 octobre, Nicolas Revel, directeur de cabinet de Bertrand Delanoë, aurait promis encore une fois: «une solution durable et globale va être mise en place dans les prochains mois».

Selon 20minutes.fr,

La Ville (...) reconnaît l'existence de «correspondants sociaux», des «fonctionnaires qui bénéficient d'une décharge partielle ou totale de temps depuis 1948 pour aider les agents de la Ville dans leur démarche auprès de l'organisme mutualiste et de la Sécurité sociale». [...] Mais les correspondants sociaux ne travailleraient pas pour autant pour le compte de [la CGT]. [...]

Quant à la dimension «scandale» de l'affaire, elle ne semble pas sauter aux yeux des adversaires politiques de Delanoë:

Le groupe UMP, qui concède qu'il «n'y a pas de révélations», demande «plus de transparence de la Ville dans la gestion des ressources humaines».

Photo: Bertrand Delanoe, Marie-Lan Nguyen, wikimedia.

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