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Pourquoi Berlusconi: 10 raisons expliquent 20 ans de règne

Slate.fr, mis à jour le 27.10.2010 à 11 h 28

Berlusconi, pourquoi? Après avoir entendu bien des fois cette question, le journaliste italien Beppe Severgnini a décidé de se pencher sur les raisons de la longévité politique du président du Conseil italien. Le résultat? Un livre: Le ventre des Italiens, Berlusconi expliqué à la postérité.

Humanité, astuce, capacité à se mettre dans la peau des interlocuteurs... le livre recense les vertus (et les vices) de Berlusconi, mais aussi du pays qui a choisi de se faire représenter par lui, explique Il Corriere della Sera. En épigraphe, une phrase du chanteur Giorgio Gaber:

«Je n'ai pas peur de Berlusconi en soi. Mais de Berlusconi en moi

Le quotidien italien publie l'introduction du livre de Severgnini, où on découvre les 10 raisons qui expliquent la longévité politique d'un Berlusconi élu en 1994, réélu en 2001, puis encore en 2008, et qui risque de gagner les prochaines élections.

En voici une petite sélection:

1) Le facteur humain

Que pensent la plupart des Italiens? «Il nous ressemble.» Et qui ne le pense pas, le craint. Berlusconi aime ses enfants, il parle de sa mère, il s'y connaît en foot, il sait gagner de l'argent, il aime les nouvelles maisons, il déteste les règles, il raconte des blagues, il dit des gros mots, il adore les femmes, les fêtes, et la bonne compagnie, écrit Severgnini.

2) Le facteur divin

Berluconi a compris que beaucoup d'Italiens applaudissent l'Eglise pour se sentir moins coupables quand ils n'y vont pas. La cohérence entre déclarations et comportement n'est pas une qualité que les Italiens recherchent chez leur leader.

De la troisième à la sixième place, on trouve, respectivement: le facteur Robinson, Truman, Hoover et Zelig (à découvrir en longueur sur le Corriere).

7) Le facteur harem

Berlusconi et les femmes... Pour Beppe Severgnini, beaucoup d'Italiens préfèrent l'auto-indulgence à l'autodiscipline, et ne nient pas que, finalement, Berlusconi fait ce qu'ils rêvent de faire.

8) Le facteur Médicis

La seigneurie, avec la commune, est la seule création politique italienne. Toutes les autres, de la monarchie au fédéralisme en passant par la démocratie, ont été importées. Beaucoup d'Italiens se comportent avec Berlusconi comme si c'était leur Seigneur: ils savent qu'il pense à sa gloire, à sa famille et à ses intérêtes; ils espèrent qu'il pense un peu à eux aussi.

9) Le facteur T.I.N.A

There Is No Alternative: le centre gauche apparaît comme une hypothèse peu appétissante.

10) Le facteur PalioC

Comme Palio di Siena, une course de chevaux qui se tient deux fois par an. Gagner le Palio, c'est bien, mais voir ses rivaux perdre, c'est encore mieux. Pour Beppe Severgnini, cette règle s'applique à baucoup de domaines en Italie, dont la politique. Et afin d'écarter la gauche, beaucoup d'Italiens auraient été prêts à voter pour le Diable.

Photo: Silvio Berlusconi e Mike Bongiorno anni 80, wikimedia.

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