Monde

Pour le Tea Party, les musulmans n'ont rien à faire au Congrès

Temps de lecture : 2 min

Selon le mouvement populaire républicain du Tea Party, il y a un certain nombre de critères qu’il faut remplir pour être digne de se faire élire par ses concitoyens. Mais pour Judson Phillips, le fondateur de Tea Party Nation (le troisième réseau le plus important du mouvement au niveau national), un des pires péchés qu’un candidat peut commettre est d’avoir l’audace d’être un membre musulman du Congrès, rapporte le site de gauche Salon.

Dans un billet sur le site Internet du groupe, Philips appelle à battre Keith Ellison, un élu démocrate du Minnesota, aux élections de mi-mandat parce qu’il est musulman. Il accuse Ellison de «folie» et écrit qu’«il y a beaucoup de libéraux [de gauche] qui doivent être remplacés cette année, mais il y en a peu qui le méritent autant que Keith Ellison». Pourquoi? Parce que Phillips le considère comme «un des membres du Congrès les plus radicaux. […] Il est le seul membre musulman du Congrès. Il soutient le Conseil pour les relations islamo-américaines, le HAMAS et a aidé le Congrès à envoyer des millions de dollars de s contribuables à des terroristes à Gaza.»

Si le fait d’être adepte d’une des religions les plus répandues dans le monde fait de vous un fou, il y a d’autres candidats qui rentrent dans cette définition: la républicaine Christine O’Donnell, candidate du Tea Party qui fait beaucoup parler d’elle, soutenait mardi 19 octobre que la constitution américaine n'exige pas la séparation de l’Eglise et de l’Etat (séparation pourtant inscrite au premier amendement).

Le site Talking Point Memo s’est amusé à imaginer la manière dont la vie des Américains pourrait changer si les Etats-Unis effectuaient vraiment un «retour à la constitution» comme l’entend le Tea Party. Les deux premiers programmes qui disparaîtraient seraient la sécurité sociale et le système d’assurance-santé public, même si les aides sociales les plus sensibles seraient maintenues et transférées à l’échelle des Etats. Viendraient ensuite le salaire minimum, les Nations unies et les allocations chômage, qui ne sont pas mentionnées par les pères fondateurs et auxquels la plupart des partisans du Tea Party ne tiennent pas particulièrement. Même le Civil Rights Acts de 1964, qui déclare illégale la discrimination fondée sur la couleur, le sexe ou encore la religion et a aboli la ségrégation raciale, serait menacé.

Photo: une vue du Capitole à Washington, REUTERS/Larry Downing

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