Monde

Hamid Karzaï reçoit «des sacs d'argent» de l'Iran

Temps de lecture : 2 min

Après des révélations sur les liens entre des responsables afghans et une caisse noire iranienne, le président Hamid Karzaï a reconnu que son gouvernement reçoit «cinq ou six ou sept cent mille euros une ou deux fois par an», et que son chef de cabinet reçoit «des sacs d’argent» [bags of money] venant de l’Iran.

Samedi 23 octobre, le New York Times rapportait que l’Iran fait parvenir à Umar Daudzai, le chef de cabinet de Karzaï, un «flux secret et régulier» d’argent pour acheter sa loyauté et promouvoir les intérêts iraniens dans le pays. Et ces versements d’argent ne sont même pas toujours si secrets que cela: après une visite d’Etat en Iran en août dernier, un ambassadeur iranien est monté à bord de l’avion présidentiel de Karzaï et a remis à Daudzai un sac rempli d’euros, au vu et au su des autres membres de l’administration. L’argent a servi à payer des chefs tribaux afghans et des commandants talibans pour maintenir la stabilité politique.

Un autre associé de Karzaï a confié au quotidien new-yorkais qu’il soupçonne Daudzai, qui est lui-même un ancien ambassadeur en Iran, «de lui fournir systématiquement de la désinformation et des informations inexactes» au cours des briefings présidentiels quotidiens.

Karzaï a affirmé dimanche 24 octobre lors d’une conférence de presse que Daudzai «reçoit l’argent sur mes ordres» et a insisté sur le fait que les versements n’ont jamais été secrets. «Même lorsque nous étions à Camp David avec le président [George W.] Bush, il n’y avait rien de caché», a déclaré Karzaï, qui précise que des versements «sont effectués par divers pays amis pour aider la présidence et couvrir les dépenses» et que «nous sommes reconnaissants envers l’Iran pour l’aide qu’ils nous apportent et envers ceux qui reçoivent ces aides sous mes ordres».

Le président afghan a confirmé ses propos le lendemain sur les plateaux de CNN, affirmant que les Etats-Unis sont au courant et donnent eux-mêmes des sacs d’argent: «Les Etats-Unis font la même chose. Ils donnent du liquide à certains de nos bureaux.» Il a également précisé que l’Iran «réclamait de bonnes relations et beaucoup d’autres choses en retour».

Photo: Hamid Karzaï à Davos, en 2008/World Economic Forum,via Flickr CC License by

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