France

Georges Frêche est mort

Slate.fr, mis à jour le 24.10.2010 à 22 h 36

«Je suis né socialiste, je mourrai socialiste», avait déclaré, provocateur, Georges Frêche lors de sa réélection à la tête de la région Languedoc-Roussillon en mars 2010 après une campagne menée notamment contre le PS au premier tour. L'ancien maire de Montpellier, Georges Frêche, est décédé ce dimanche 24 octobre à l'âge de 72 ans d'un arrêt cardiaque dans l'après-midi, indique le  site du quotidien régional Midi Libre.

Né à Puylaurens, dans le Tarn en 1938, le professeur honoraire de droit romain à l'université de Montpellier avait été élu à la tête de la mairie de la capitale héraultaise en 1977. Il présidait la région depuis 2004. L'AFP, reprise par Libération, rappelle notamment son action locale:

«Décrit comme un bâtisseur et un visionnaire, il a élevé Montpellier au rang de huitième ville de France, faisant ériger de nouveaux quartiers dont le plus symbolique, le néo-classique Antigone, a été construit par l'architecte barcelonais Ricardo Bofill.»

LeMonde.fr s'attache à la dimension polémique du personnage (LeFigaro.fr liste également ses provovations)

«Figure controversée et incontournable de la vie politique languedocienne, Georges Frêche (...) était un habitué des dérapages verbaux. Le 27 janvier 2007, il avait été exclu du Parti socialiste (...) pour avoir estimé qu'il y avait trop de Noirs dans l'équipe de France de football. "Dans cette équipe, il y a neuf Blacks sur onze, déclarait-il en novembre 2006. La normalité serait qu'il y en ait trois ou quatre (...). S'il y en a autant, c'est parce que les Blancs sont nuls (...). Bientôt, il y aura onze Blacks. Quand je vois certaines équipes de foot, ça me fait de la peine." En novembre 2005, il avait qualifié de "gugusses" les parlementaires socialistes ayant proposé l'abrogation de l'article de loi sur les rapatriés et les harkis. Puis, devant le conseil régional du Languedoc-Roussillon, il avait entonné le chant colonial: "C'est nous les Africains qui revenons de loin."»

20minutes.fr rappelle également sa sortie sur les harkis:

«Vous faites partie des harkis qui ont vocation à être cocus toute leur vie.» Ce 11 février 2006, Georges Frêche ne décolère pas contre un groupe de harkis récemment passés à l'UMP et il leur fait savoir lors d'une cérémonie protocolaire: «Allez avec les gaullistes à Palavas. Vous y serez très bien! Ils ont massacré les vôtres en Algérie et vous allez leur lécher les bottes! Mais vous n'avez rien du tout! Vous êtes des sous-hommes!» La saillie, enregistrée, fait le tour de la France. 

La séquence vidéo est consultable ici

Pendant la campagne des régionales 2010, c'est sa sortie sur Laurent Fabius («pas très catholique») qui avait une nouvelle fois créé la polémique et qui lui avait valu de perdre le soutien du PS au premier tour. Opposé dans ce scrutin régional à la socialiste Hélène Mandroux, maire de Montpellier, Georges Frêche avait déclaré qu'il verrait bien à sa place en 2014. C'est ce qu'il avait laissé entendre au micro de RMC, en mars. Hélène Mandroux lui avait succédé à la mairie de Montpellier lorsqu'il avait été élu président de région en 2004. A l'issue d'une campagne très mouvementée, Georges Frêche avait été confortablement réélu à la tête de la région.

Dernière provocation, l'inauguration de statues des «grands hommes». Cet ancien maoiste avait choisi Charles De Gaulle, Roosevelt, Churchill, Jaurès et... Lenine. Devaient suivre Mao, Mandela, Nasser, Gandhi et Golda Meir.

Selon le site edile.fr:

Lorsque le siège de président se trouve vacant, les fonctions de la présidence sont provisoirement exercées par un vice-président, dans l'ordre des nominations ou, à défaut, par un conseiller régional désigné par le conseil. Le renouvellement de la commission permanente est ensuite organisé dans un délai d'un mois. 

La liste des vices-présidents est consultable ici.

Photo: Reuters

À LIRE ÉGALEMENT: Nos articles sur Georges Frêche durant les élections régionales 2010:

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