Wikileaks publie 390.000 documents sur la guerre en Irak

Wikileaks a encore frappé, et cette fois, il y a des «Frenchies» dans le coup. A commencer par Owni.fr (1) à qui le site spécialisé dans la publication de documents classifiés a demandé de réaliser l’application «Iraq Warlogs», permettant de naviguer  dans un peu plus de 391.000 documents issus du fichier SIGACTS ("significant activity") des forces américaines, établi entre janvier 2004 et décembre 2009 en Irak. «Une masse de documents qui décrivent, jour à près jour, les attentats, les échanges de tirs, les fouilles de caches d'armes, les arrestations, et les violences contre les civils, détaille Le Monde, qui a pu consulter ces rapports en avant-première avec le New York Times, le Guardian, le Bureau of investigative journalism et le Spiegel.

Si les documents publiés par Wikileaks n’évoquent que de brièvement certains événements majeurs de la guerre,  ils racontent l’horrible quotidien du conflit, comme le résume The Guardian:

«Comment militaires, civils, rebelles, humanitaires, mercenaires, vieux hommes et jeunes filles, Américains, britanniques, Arabes et plus que tous les Irakiens eux-mêmes se sont retrouvés pris dans une nouvelle dimension de la "guerre asymétrique" et victimes d’un côté de la guérilla armée d’engins explosifs artisanaux et de l’incroyable machine de guerre high-tech et aéroportée américaine».

A voir sur le site du quotidien britannique cette incroyable carte qui pointe 24 heures de la «vie» en Irak, un jour si typique du conflit. C’était le 7 octobre de la sanglante année 2006. Heure par heure, lieu par lieu, comment et où ont été tués Irakiens et dix Américains.

D'autres exemples? «Les cadavres de milliers de femmes et d'hommes, victimes d'exécutions sommaires, ont été découverts par les soldats américains, poursuit Le Monde. Ces mêmes soldats ont tué au moins six cent civils en six ans aux checkpoints, ou en ouvrant le feu sur des véhicules pris pour une menace». Ou comment la police irakienne a torturé ses prisonniers, parfois en les brûlant à l’acide, détaille New York Times, sans que l’armée américaine ne se décide à régler le problème.

Ces documents, que l'application d'Owni vous permet de ranger et classifier, offrent aussi, «pour la première fois, un regard “de l'intérieur” sur la conduite de l'occupation et ses pratiques. Ils disent à la fois l'ennui, l'absurdité, le stress du quotidien des soldats», résume Le Monde.

(1) Slate.fr s’était associé à Owni pour développer et publier les carnets de guerre afghans divulgués par Wikileaks en juillet 2010.

Le dossier guerre en Irak de Slate