Monde

Nouvelle crise de déchets dans la région de Naples

Slate.fr, mis à jour le 22.10.2010 à 17 h 40

Encore une nuit d'affrontements et désordres à Terzigno, rapporte Il Corriere della Sera. Cette ville, située à 20km au sud de Naples, est depuis la mi-octobre le théâtre d'affrontements entre la police et les habitants, qui protestent contre l'ouverture d'une nouvelle décharge. Un manifestant a mis feu à un drapeau italien après être monté sur un olivier: «Ceci n'est pas une démocratie. Vous protégez les mafieux. Honte à vous.»

A l'issue d'une réunion de crise à Rome vendredi 22 octobre, Silvio Berlusconi a annoncé qu'il allait allouer 14 millions d'euros pour assainir la ville et accélérer la construction d'incinérateurs. Il se montre optimiste: «D'ici dix jours, la situation sera rentrée dans l'ordre», a déclaré le Cavaliere. Pour le président du Conseil italien, là où se trouvent maintenant les déchets, il y aura aura bientôt «des prés et des bois». Il rappelle que ce système est provisoire, «dans l'attente des incinérateurs, qu'on utilise dans le monde entier pour détruire les déchets».

Mais chez les habitants de Terzigno, l'annonce de l'ouverture d'un nouveau centre de déchets est vécue comme une provocation. Ils supportent déjà mal la décharge existante, saturée, située à environ 800 mètres des premières habitations, et qui polluerait la nappe phréatique et provoquerait des émanations pestilentielles causant des maladies respiratoires, notamment chez les enfants. Cité par l'Express, Ugo Leone, directeur du Parc national du Vésuve, réserve naturelle à la faune et la flore protégées, où se trouve la décharge de Terzigno, a qualifié sa présence de «pratique illégale de l'Etat».

En attendant, dans le centre de Naples, explique l'Express, des montagnes de déchets ont recommencé à s'accumuler rappelant les images de la crise de 2007-2008 quand des dizaines de milliers de tonnes avaient envahi la ville jusqu'au centre historique. Mal gérée par le gouvernement de centre gauche de Romano Prodi, cette crise des déchets avait contribué à la victoire de la coalition de droite de Berlusconi aux législatives de 2008 et à son retour au pouvoir.

La Commission européenne a exprimé son «inquiétude», rapporte Il Sole 24 Ore. Le porte-parole du commissaire européen à l'Environnement, Janez Potocnik, a parlé d'une «situation grave», et souhaite que les autorités italiennes «résolvent le problème le plus tôt possible et de façon adéquate».

Photo: Une du Manifesto, capture d'écran du site ilmanifesto.it

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