Monde

Les casseurs vus par la presse internationale: c'est la Cisjordanie sur la Rive gauche

Temps de lecture : 2 min

Les «French strikes» font la une des journaux américains. Ce qui met les Américains en émoi, c'est surtout que Lady Gaga a annulé sa tournée en France à cause de la présence de casseurs dans les manifestations françaises. Sous le choc, le blogueur-people Perez Hilton a même lancé un appel au calme à l'intention des casseurs:

«Souvenez-vous que la violence n'est pas la solution. Faites entendre vos voix, mais sans vous battre!»

Par la violence de leurs actes, les casseurs rappellent aux médias américains les jours les plus noirs des émeutes de 2005. Comme le relève LeMonde.fr, le Los Angeles Times n'hésite pas «à dresser un parallèle entre la situation actuelle et les émeutes qui ont touché les banlieues en 2005». «Le spectre des émeutes de 2005 (...) n'est jamais loin», résume CBS News.

Le magazine Foreign Policy rappelle l'historique des manifestations françaises via un portfolio au titre pour le moins provocateur: «West Bank on the Left Bank», un jeu de mots entre «West Bank», c'est-à-dire la Cisjordanie et «Left Bank», c'est-à-dire la Rive gauche. Parmi les photographies en ligne, plusieurs d'entre elles montrent des casseurs agressant les forces de l'ordre. Les violences survenues à Nanterre et à Lyon ont achevé de convaincre les médias américains qu'il ne s'agit plus de manifestations, mais bien d'émeutes qui rythment le mouvement social français contre la réforme des retraites.«Les manifestations françaises deviennent violentes», titre l'hebdomadaire international The Epoch Times. Difficile de trouver un journal qui parle encore de «protesters» (manifestants) et non pas de «rioters» (émeutiers). Selon Forbes, l'ambassade des Etats-Unis demande désormais aux citoyens américains d'éviter les lieux de manifestations.

Vu de Grande-Bretagne, selon The Economist, «le passage de manifestations organisées à une rébellion désorganisée est aujourd'hui la plus rude mise à l'épreuve que la détermination de M. Sarkozy pouvait connaître». Dans «ces protestations [dignes de] la guérilla, (...) les manifestations lycéennes sont souvent utilisées par les casseurs ou vandales, comme un alibi», analyse l'hebdomadaire britannique. (L'ensemble de la revue de web anglaise de mercredi sur les manifestations françaises est à lire ici)

«La France vit les nerfs à vif», «L'incendie social français», «Les policiers au pied-de-guerre contre les manifestations étudiantes»... En Espagne comme en Amérique du Sud, on admet facilement que la situation en France tient du «cauchemar». ABC, l'un des principaux journaux espagnols, explique que «les images de la violence étudiante ont un impact psychologique imprévisible. Les familles les perçoivent avec inquiétude». La peur de la violence serait d'ailleurs le seul point commun entre le gouvernement et les syndicats, selon le quotidien argentin La Nación: «La France ressemblait [le 19 octobre] à un pays divisé en deux: l'unique chose sur laquelle sont d'accord Sarkozy et les noyaux des syndicats est (...) d'empêcher un débordement de violence».

En Italie, le mot «casseur» semble fasciner la presse. Par exemple, Il Corriere della Sera parle de «guérilla urbaine des lycéens français contre la réforme de Sarkozy», et évoque les «scènes de vandalisme et de violence» qui ont «frappé les principales villes». Le quotidien italien s'intéresse également à la jeune fille blessée à Paris et relève que des «2.000 manifestants qui ont bloqué Lyon brûlant cabines téléphoniques, voitures et arbres». Et, bien évidemment, de Nanterre, où «200 jeunes cagoulés ont mis feu à la ville». (L'ensemble de la revue de presse italienne est à lire ici.)

Photo: Unes de journaux sud-américains, espagnols et américains

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