Monde

Les casseurs vus d'Italie

Slate.fr, mis à jour le 21.10.2010 à 13 h 04

«Casseurs»: le mot semble fasciner la presse italienne, qui s'inquiète de la tournure prise par les manifestations françaises contre la réforme des retraites.

Il Corriere della Sera parle de «guérilla urbaine des lycéens français contre la réforme de Sarkozy», et évoque les «scènes de vandalisme et de violence» qui ont «frappé les principales villes». Le quotidien italien s'intéresse également à la jeune fille blessée à Paris et relève que des «2.000 manifestants qui ont bloqué Lyon brûlant cabines téléphoniques, voitures et arbres». Et, bien évidemment, de Nanterre, où «200 jeunes cagoulés ont mis feu à la ville».

Le site University.it titre, lui, sur les chiffres: «En une semaine déjà 1.400 arrestations», un chiffre ensuite repris dans le papier: «Le ministère de l'Intérieur a annoncé qu'il a procédé à 1.423 arrestations dans tout le pays, 62 policiers blessés, dont 10 hier

Il fatto quotidiano, lui, se livre à une analyse du phénomène.

«Chaque jour, on frôle l'accident fatal, celui qui conforterait Sarkozy dans son autoritarisme et radicaliserait les manifestants Pour le journal italien, «le mécanisme de dégénération est toujours le même. Là où il y a un lycée en agitation arrivent les jeunes de banlieue», des jeunes qui, d'après le quotidien, «se confirment être le vrai problème du pays. Cagoules, barres de fer, pavés, tactiques de guérilla urbaine, 100 ou 200 casseurs déterminés suffisent à semer le chaos».

«Hier on craignait le pire à Paris, poursuit Il Fatto Quotidiano, alors que tous les manifestants se retrouvaient sur l'esplanade des Invalides, pendant que les gendarmes bloquaient toutes les routes d'accès: une sorte de piège, qui semblait fait exprès pour encourager les têtes chaudes

En tout cas, l'article a provoqué de nombreux commentaires, les internautes n'étant pas tous d'accord avec les conclusions tirées par le journaliste.

«Je vis à Paris et j'ai participé à toutes les manifestations. Parler de casseurs me semble exagéré», écrit un internaute. D'autres sont moins diplomates. Comme celui-ci, révolté par la stigmatisation des jeunes de banlieue: «Le vrai problème en France seraient les jeunes de banlieue? N'importe quoi!»

Photo: Nanterre le 20 octobre 2010. REUTERS

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