Monde

Les agents fédéraux ont investi Facebook

Slate.fr, mis à jour le 19.10.2010 à 11 h 47

L'Electronic Frontier Foundation (EFF), un groupe de défense de la vie privée, vient de dévoiler un document prouvant que les agences de l'administration américaine surveillent les réseaux sociaux sur Internet et les communications publiques en ligne, rapporte le site Daily Tech.

Une note (PDF) publiée en mai 2008 par les services du Département de la Sécurité intérieure chargés de la citoyenneté américaine et de l'immigration soulignait l'utilité que peuvent avoir les réseaux sociaux pour renforcer la détection des fraudes et assurer la sécurité nationale:

«Les tendances narcissiques que l'on retrouve chez beaucoup de personnes suscitent un besoin d'avoir un large groupe d'“amis” relié à leurs pages et un grand nombre de ces personnes acceptent des cyber-amis qu'ils ne connaissent même pas. Cela fournit un excellent point d'observation au FDNS (Bureau de la détection des fraudes et de la sécurité nationale, ndlr) pour observer la vie quotidienne des bénéficiaires et des demandeurs suspectés d'activités frauduleuses.»

Les agents fédéraux sont donc encouragés à intégrer les réseaux de contacts des personnes suspectes afin de surveiller leurs activités et vérifier s'ils ne mentent pas aux autorités. La note officielle assimilait cette pratique à une «cyber inspection surprise».

Le document expliquait comment fonctionne un réseau social en ligne et donnait une liste de sites parmi lesquels figurent Facebook, MySpace ou encore Windows LiveSpaces. Selon Daily Tech, des sites comme YouTube, Twitter, Blogger ou Wikipedia ont également été surveillés récemment.

The Huffington Post souligne que cette note présume que les informations postées par les utilisateurs de réseaux sociaux sont vraies et reflètent leur vie réelle. De fait, le document affirme que «généralement, les personnes utilisant ces sites parlent honnêtement avec leur réseau car tous leurs amis et leurs familles échangent avec eux via des messages instantanés, des blogs, etc.»

Read Write Web soulève un autre motif d'inquiétude: la note n'indique pas quelles conditions doivent être réunies pour qu'un agent entame une surveillance de ce type envers un individu. Le site remarque aussi qu'en infiltrant le réseau d'un utilisateur, un agent pourrait être capable de surveiller non seulement cet utilisateur, mais également tous ses cyber-proches.

La volonté du gouvernement américain de surveiller ce qui se passe sur le web s'est trouvée récemment confirmée par un projet de loi visant à exiger que tout service de communication sur Internet soit capable de livrer des historiques de conversations sur demande d'un juge. L'objectif est de maintenir la capacité de mise sur écoute des potentiels criminels ou terroristes, qui diminue à mesure que les gens communiquent en ligne, et non plus par téléphone.

Photo: I hate Facebook! / Global X via Flickr, CC License By

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