France

Les universités qui mènent à l'emploi

Slate.fr, mis à jour le 16.10.2010 à 11 h 33

Vous connaissiez le classement de Shanghai des universités mondiales, voilà le palmarès du ministère de l’Enseignement supérieur français. Il s’agissait de classer les universités françaises selon un critère bien précis: l’insertion professionnelle trente mois après l’obtention d’un bac+5. En d’autres termes, quelle université et quelle filière choisir si vous voulez trouver un emploi.

Ce palmarès tenait à cœur à la ministre de l’Enseignement supérieur, Valérie Pécresse, qui l’explique au Figaro Magazine:

«Longtemps, les universités ont considéré que leur responsabilité s'arrêtait à la délivrance du diplôme. Depuis la loi de 2007 sur l'autonomie des universités, l'insertion professionnelle et l'orientation sont devenues leurs nouvelles missions, comme le souhaitaient les étudiants, aux côtés de la formation et de la recherche.»

Selon la ministre, ce classement était nécessaire:

«Nous devions cette information aux familles et aux étudiants. Car, pour s'orienter à l'université et pour réussir ensuite sur le marché du travail, il faut être correctement informé sur les performances des différentes filières.»

Résultats? L’étude montre que le master mène assez largement à l’emploi, au moins sur une période assez longue (trente mois). Globalement, «91,4% des bac+5 ont trouvé un emploi, mais avec des différences selon les filières: 92,3% en sciences, techniques et santé, 92,2% en droit, économie, gestion, 90,1% en sciences humaines et sociales et 86,9% en lettres, langues et arts», souligne le Parisien.

Quels emplois décrochent les bac+5? 85,9% des diplômés de sciences, techniques et santé deviennent cadres, contre seulement 57,1% de ceux des filières lettres, langues et arts. En ce qui concernent les contrats et la précarité, 67,7% des diplômés obtiennent un CDI, 4,7% sont fonctionnaires, 2,9% relèvent d'une profession libérale et indépendante et 18,8% sont encore en CDD.

Les disciplines menant le plus à l’emploi sont l’informatique, la psychologie, les sciences/ingénieur et droit/gestion.

Le parent pauvre reste les lettres (Slate.fr y avait consacré un article en juillet), comme le souligne le ministère:

«Le domaine “Lettres, Langues, Arts” (LLA) se caractérise par des conditions d’insertion moins bonnes que les autres domaines: un taux d’insertion plus faible que la moyenne (87% contre 91,4%), un taux de temps partiel nettement plus élevé (16% contre 6%), une part de cadres et professions intermédiaires et un taux d’emplois stables plus faibles.»

Le site du ministère permet de chercher par université et par discipline pour connaître le taux d’insertion par établissement. Paris-XI Orsay arrive en tête avec 94,9% de diplômés bac+5 en emploi, devant Lyon-I Claude-Bernard (94,5%), Rennes-I, Paris-XIII Villetaneuse en Seine-Saint-Denis (94,3%) et Le Mans (93,9%).

A terme, Valérie Pécresse estime que ce classement pourra servir aux universités et au ministère pour orienter les budgets.

«C'est aussi un instrument de pilotage (…) pour les universités elles-mêmes, afin qu'elles puissent réfléchir aux améliorations nécessaires des filières les moins professionnalisantes, et pour l'Etat, qui en tiendra compte dans ses dotations financières aux campus. D'ici à 2012, nous allons pouvoir bâtir de vrais indicateurs de performance nationaux qui seront intégrés dans le calcul de l'allocation des moyens, comme le prévoit la loi de 2007.»

Photo: un amphi de Paris VIII / jlggbblog

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