Life

L'univers aura-t-il une fin?

Slate.fr, mis à jour le 16.10.2010 à 10 h 09

Le temps, c’est comme les bonnes choses, cela a peut-être une fin. Selon des astrophysiciens américains et japonais, notre univers pourrait se terminer dans 3,7 milliards d’années. Ils en sont sûrs à 50%.

«Il est improbable que l'univers s'arrête durant notre durée de vie mais il y a 50% de chance pour que le temps connaisse une fin dans les 3,7 milliards d'années», estiment ces chercheurs dans leur communication.

L’étude publiée sur le site arXiv.org remet en cause la théorie admise par la plupart des chercheurs en cosmologie: l’expansion éternelle de l’espace-temps. Pour Raphael Bousso, Ben Freivogel, Stefan Leichenauer, Vladimir Rosenhaus, il n’en est peut-être rien.

Pour arriver à cette conclusion, ils ont manié des concepts connus des scientifiques, notamment ce que l’on appelle la limite arbitraire du temps, qui est utilisée pour calculer les probabilités d’un univers s’étendant à l’infini. Selon les chercheurs de Berkeley, cette limite arbitraire montrerait que le temps a une fin.

«En d'autres termes, cette limite du temps, considérée seulement comme un outil de calcul statistique, se comporte en fait comme un événement physique réel qu'on le veuille ou non», a expliqué, dans un courriel à l'AFP, Raphael Bousso.

Lors de la présentation de l’étude au cours d’un séminaire à Cambridge, The New Scientist rapportait en septembre que Ben Freigovel, un des autres co-auteurs, avait déclaré à ses collègues:  

«Je suis conscient que cela sonne comme une conclusion folle.»

En effet, selon la théorie communément admise, l'univers est né du Big Bang, il y a environ 13,7 milliards d'années et continue de s'étendre à une vitesse qui s'accélère exponentiellement, poussée par l'énergie du vide, et ce à l'infini.

Les chercheurs insistent pour expliquer qu’ils ne disent pas que l’univers aura forcément une fin, juste que c’est possible.

«Si cette conclusion n'est pas vraie cela veut dire qu'une des hypothèses retenue dans le modèle mathématique est fausse, ce qui serait aussi extrêmement intéressant pour les astrophysiciens qui durant de nombreuses années la jugeaient très raisonnable», prévient Raphael Bousso.

Le raisonnement des chercheurs est contredit par certains de leurs collègues, comme l'astrophysicien Charles Lineweaver, de l'observatoire Stromlo à l'Université nationale australienne, cité par ABC.

Ils ont introduit la survenue d'un événement cataclysmique pour des raisons purement statistiques, selon lui.

«Le durée de vie moyenne restant à l'univers selon Bousso provient du fait qu'il a introduit une certaine limite de temps de manière à obtenir une probabilité acceptable dans son modèle(…) Il s'agit seulement d'une technique statistique prise trop au sérieux.»

Raphael Bousso lui a répondu par le biais de l’AFP: selon lui, il a recouru à la méthode utilisée par de nombreux physiciens de pointe depuis des années et qu'il n'a rien inventé.

«Tout ce que nous avons montré c'est que le fait de prendre l'hypothèse d'une limite dans le temps n'est pas aussi innocent que cela.»

Photo: Most Magnetized Object in the Universe (artist concept) / NASA Goddard via Flickr CC License by

 

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