Economie

Google veut mesurer l'inflation

Slate.fr, mis à jour le 12.10.2010 à 16 h 04

Entre la télévision du futur et les voitures sans conducteur, Google a annoncé ce mardi un énième projet. Selon le Financial Times, le moteur de recherche élabore actuellement un indice de mesure de l'inflation. Particularité: cet outil utilise comme source d'informations la grande base de données dont Google dispose sur les achats sur le web.

L'annonce de la création de cet indice, baptisé «Google Price Index» (GPI), a été faite par Hal Varian, le chef économiste de Google, qui a souligné que les données économiques pouvaient être collectées très rapidement sur Internet. Cela permet à Google de donner une mesure quotidienne de l'évolution des prix, alors que les chiffres de l'indice officiel américain, le «Consumer Price Index» (CPI), ne sont publiés que tous les mois.

L'idée de cet indice est venue au chef économiste de Google à la suite d'une expérience personnelle. Il y a quelques mois, Hal Varian a cassé son moulin à poivre préféré! En cherchant «moulin à poivre» dans Google Shopping, il a été stupéfait par les prix affichés. «Quelle est la première chose que vous voulez faire si vous êtes un économiste? Vous voulez construire un indice des prix», a-t-il déclaré.

Ce nouvel indice pourrait-il faire concurrence aux statistiques officielles de l'inflation, voire les contredire? Les premiers résultats du GPI montrent «une très claire tendance déflationniste» pour les produits vendus sur Internet aux États-Unis depuis Noël dernier, a indiqué Hal Varian. En comparaison, l'indice officiel indiquait en août une hausse des prix de 0,9% sur un an, dans un contexte d'inquiétude vis-à-vis d'une éventuelle déflation.

Parmy Olson, du magazine Forbes, n'est cependant pas convaincue par l'éventualité d'une prise de pouvoir de Google sur les statistiques de l'inflation:

«Le GPI présentera sans doute plus d'intérêt pour les masses que pour les économistes professionnels, qui utilisent toujours le CPI comme outil principal pour faire des prévisions sur l'économie.»

De fait, Google souligne que son indice ne peut pas remplacer directement les chiffre du gouvernement en raison de la différence entre les biens vendus sur Internet et les biens de consommation dans leur globalité. A titre d'exemple, le logement représente 40% de l'indice officiel de l'inflation, alors qu'il ne compte que pour 18% dans l'indice Google.

Par conséquent, Parmy Olson considère plutôt le GPI comme un indicateur complémentaire aux chiffres officiels:

«Les statisticiens du gouvernement n'ont sans doute pas à s'en faire pour leur gagne-pain –si cela donne quelque chose, ce sera probablement une image plus équilibrée de notre paysage économique en constante évolution.»

Ajoutons à cela que Google n'a pas encore décidé s'il allait publier ou non les résultats de son indice, qui n'en est encore qu'à la phase d'élaboration.

Photo: Hal Varian, le chef économiste de Google, en 2008. Insufficient Postage via Flickr, licence CC

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