France

Le tabou des plagiats de thèses

Temps de lecture : 2 min

Le plagiat de sources Internet dans les travaux d'étudiants est devenu un grand classique, souvent relaté par la presse. Mais qu'en est-il des plagiats par des universitaires en place, se demande Mediapart? «Ces dernières années ont vu un nombre croissant de fraudes d'étudiants et de saisies des commissions disciplinaires, explique Hélène Maurel-Indart, auteure de Plagiat, les coulisses de l'écriture. En revanche, le plagiat commis par les universitaires eux-mêmes reste un tabou.»

Faute de pouvoir quantifier ce phénomène passé sous silence, Mediapart s'intéresse à deux cas emblématiques qui montrent bien les difficultés que pose le plagiat à un monde universitaire qui en a honte mais qui préfère souvent étouffer les affaires.

Premier cas, celui d'un enseignant-chercheur en histoire de l'art condamné par la justice en mars dernier pour contrefaçon de sa thèse. Mais, explique Mediapart, il reste toujours responsable de deux départements au sein de l'université catholique de Lille et a même été nommé depuis directeur de l'école supérieure d'art de Cambrai. Une enseignante de l'école s'en désole:

«Au niveau de l'image de l'école et sur le plan pédagogique, c'est une catastrophe. Tous les enseignants savent très bien qu'il a été condamné, un communiqué anonyme a circulé, mais nous n'avons pas trop fait de pub à cette décision de justice car, après, comment aller dire à un étudiant de ne pas copier un article Wikipédia?»

À Amiens, un autre cas pose problème. Un doctorant en Arts plastiques, exclu en mai 2009 «en qualité d'étudiant, de tout établissement public d'enseignement supérieur pour une durée de deux ans» pour avoir plagié sa thèse, continue néanmoins d'enseigner. Selon l'intitulé de sa sanction, il n'a juste plus le droit... d'être étudiant. Cet exemple est exposé dans les longueurs sur le blog Archéologie du copié-collé de Jean-Noël Darde, maître de conférences à l'Université Paris 8.

Photo: Keyboard, John_a_ward, Flickr/CC/licence by

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