Economie

Toujours plus de pétrole, de charbon et de gaz

Slate.fr, mis à jour le 01.10.2010 à 12 h 26

Vue aérienne de la plateforme offshore norvégienne Oseberg  Scanpix Scanpix / Re

Vue aérienne de la plateforme offshore norvégienne Oseberg Scanpix Scanpix / Reuters

La terre contient une quantité limité de carburants fossiles, à savoir de pétrole, de charbon et de gaz naturel. Et même si nous savons tous que la quantité existante de ces carburants est finie, c'est un fait, nous ne savons pas vraiment combien de temps il y en aura encore sous terre pour satisfaire la consommation humaine.

Cristen Conger souligne sur le site Discovery News que pour mesurer la quantité de carburants fossiles restante, les experts comptabilisent les réserves prouvées qui n'ont pas été exploitées mais peuvent l'être. Ce chiffre de réserves prouvées devrait logiquement diminuer au fil du temps. En fait, il augmente.

Selon le 2010 International Energy Outlook, (Prévisions internationales sur l'énergie de 2010), au 1er janvier 2010, les réserves prouvées de pétrole sur la planète étaient estimées à 1.354 milliards de barils, «soit 12 milliards de barils de plus (environ 1%) que les estimations de 2009». Des données qui sont confirmées par le Oil & Gas Journal

Comment cela est-il possible? Le monde engloutit 80 millions de barils de pétrole par jour et pendant ce temps-là les réserves augmentent... L'explication tient au caractère «prouvé» on non des réserves en question. Des quantités considérables de pétrole, de charbon et de gaz se trouvent dans le sous-sol mais sont inaccessibles ou trop coûteuses à extraire.

L'augmentation des prix de l'énergie et les progrès techniques changent la donne et augmente la quantité de réserves prouvées. C'est notamment le cas, par exemple, des champs pétroliers en eau profonde dans le Golfe du Mexique ou au large du Brésil qui sont venus s'ajouter aux réserves prouvées.

Pour pouvoir suivre une situation mouvante, la U.S. Energy Information Administration (EIA) publie ainsi tous les ans une étude sur les perspectives énergétiques mondiale. «Nous ne croyons pas que les réserves prouvées seules sont une donnée suffisante pour juger de la disponibilité de ressources sur le long terme», explique Linda Doman, une experte de l'EIA. «Il faut extrapoler leur augmentation. Ainsi, en dépit d'une production continue et intensive, les réserves mondiales n'ont pas baissé du fait de l'exploration, des découvertes et du remplacement de ces réserves.»

Les données de l'EIA suggèrent que le fameux «peak oil» (maximum de production de pétrole) n'est pas pour demain en dépit des prédictions alarmistes qui se succèdent depuis plusieurs années. Mais la prévision de l'EIA doit elle aussi être prise avec précaution. Il est possible qu'une bonne partie des réserves actuelles réservent de mauvaises surprises, cela arrive, et ne soient pas à la hauteur des espérances et des calculs.

En termes maintenant d'environnement et de protection de la planète, les informations sur les quantités de barils, de pétrole, de tonnes de charbon et de mètres cubes de gaz sous terre n'ont pas de signification. Ce qui importe, c'est l'évolution de la demande pour ses combustibles fossiles et dans quelle mesure cette demande va continuer à faire augmenter la production qui à son tour entraînera plus d'exploration… et sans doute plus de réserves prouvées.

Le International Energy Outlook prévoit une hausse d'environ 50% de la consommation d'énergie dans le monde d'ici 2035. Dans le même temps, le pourcentage d'énergies renouvelables dans la consommation mondiale passera de 10% à 14%. Cette progression n'est pas négligeable, mais elle signifie que la consommation de carburants fossiles va continuer à augmenter rapidement. 

Photo: Vue aérienne de la plateforme offshore norvégienne Oseberg  Scanpix Scanpix / Reuters

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