Monde

Equateur: putsch raté de la police

Temps de lecture : 2 min

Le président équatorien Rafael Correa est apparu triomphant tôt vendredi 1er octobre au palais présidentiel à Quito, au terme d'un bras de fer avec la police qui a duré toute la journée de jeudi. Des centaines de soldats et de policiers avaient pris possession de l’aéroport de la capitale équatorienne de Quito pour protester contre des mesures d’austérité du gouvernement qui réduiraient leurs avantages et rendraient leur promotion plus difficile, rapporte la BBC.

Des manifestants en colère ont bloqué les routes qui mènent à Quito, tandis que la police a brûlé des pneus à travers le pays, des évènements que le président socialiste Rafael Correa a qualifiés de tentative de coup d’Etat. L'état d'urgence a été décrété jeudi.

Pour tenter d’étouffer la révolte, Correa est apparu à la caserne de Quito et a déclaré à la foule, qu’il a qualifié de «bandits ingrats»: «Si vous voulez me tuer, tirez; je suis là, tirez-moi dessus!» Correa a ensuite été attaqué à coups de bouteilles, et emmené à l’hôpital de Quito, où des policiers l’ont retenu toute l’après-midi de jeudi. Une opération militaire lui a permis de revenir au palais présidentiel dans la soirée.

«Ils nous ont tiré dessus avec du gaz, sur le président de la République», s’est exclamé Correa dans une interview téléphonique à la télévision équatorienne. «C’est une trahison envers le pays, une trahison envers leur président.»

Selon la BBC, les manifestations ont commencé quand les gens ont appris que le président étudiait la possibilité de dissoudre l’Assemblée et de gouverner par décret pour faire passer les réformes économiques en force. C’est «un scénario dont personne ne veut mais qui est toujours un risque quand les conditions pour le changement ne sont pas réunies», a confié un responsable du gouvernement à la BBC.

La situation dans le pays préoccupe grandement les pays voisins et la communauté internationale. Les Etats-Unis, l’Organisation des Etats américains (OEA), la France, l’Union européenne, le Chili ou encore le Brésil ont apporté leur soutien au président Correa, rapporte le Monde.

Hugo Chavez a quant à lui appelé les peuples sud-américains à défendre son homologue équatorien, écrivant sur son compte Twitter: «Ils essaient de renverser le président Correa. Alerte aux peuples de l'Alliance bolivarienne! Alerte aux peuples de l'Unasur! Vive Correa!!»

Photo: Rafael Correa portant un masque à gaz à Quito le 30 septembre 2010, REUTERS/Guillermo Granja

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