Culture

La mort du livre n'est pas pour demain

Slate.fr, mis à jour le 30.09.2010 à 12 h 42

Hardcover book gutter and pages

Hardcover book gutter and pages

Les livres, c'est du passé. Un objet lourd, incombrant, désuet. Le futur, ce sont les tablettes numériques. On ne feuillettera plus des pages en papier, mais nos doigts se poseront sur de beaux écrans numériques. Bref, les bouquins courent à leur perte. On a même une date: 2015.  Nicholas Negroponte, informaticien américain, cité par TechCrunch, explique ainsi que la mort de livre «a lieu. Et elle n'a pas lieu dans 10 ans. Elle a lieu dans 5 ans». Vraiment?

Technology Review s'insurge contre ces tous ces soi-disants experts qui annoncent la mort du livre. D'après le site, tous ces pronostics témoignent d'une exagération irrationnelle. Un seul chiffre suffit pour contredire ces thèses mortifères: les livres numériques ne représentent que 6% des nouveaux livres. Certes, Amazon a récemment annoncé que la vente de livres numériques dépassait celle des livres traditionnels (hors poches). Mais il faut replacer cette information dans son contexte: Amazon détient 90% du marché du livre numérique.

Dans son blog PhDx, le journaliste Philippe Douroux arrive à la même conclusion: les livres ne sont pas en train de mourir, loin de là. Des chiffres? Le nombre total de livres édités est passé de 29.500 en 1985, à 66.000 en 2003, et à 76.000 en 2008. Et le nombre d'exemplaires imprimés est passé de 388 millions en 1985, à à 532 millions en 2003, et à 739 millions en 2008.

Quant à la déclaration de Nicholas Negroponte, elle serait tout aussi fausse et insensée. En effet, la vente de tablettes numériques est au contraire susceptible de diminuer. Pour une raison toute simple: on ne peut pas convertir les livres qu'on possède au format numérique. Le monde regorge donc d'une immense réserve de livres. Des livres qui ont une valeur pour leurs lecteurs, valeur encore plus forte que celle que peut avoir un film ou un CD. Sans parler de la valeur économique. Le jour où des légions de lecteurs habitués à se faire livrer leurs livres pour des prix ridicules (4 ou 5 dollars) accepteront de payer leurs livres numériques le double est encore loin.

Et, enfin, les bibliothèques demeurent indispensables pour l'emprunt de textes. Car, craignant la piraterie, et ayant tiré des leçons de ce qui est arrivé aux industries musicale et cinématographique, les éditeurs ont fait bien attention à rendre impossible, ou du moins très difficile, l'échange et la revente de livres numériques.

Photo: Hardcover book gutter and pages, Horia Varlan via Flickr CC License by

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