Culture

La mort du livre n'est pas pour demain

Temps de lecture : 2 min

Hardcover book gutter and pages
Hardcover book gutter and pages

Les livres, c'est du passé. Un objet lourd, incombrant, désuet. Le futur, ce sont les tablettes numériques. On ne feuillettera plus des pages en papier, mais nos doigts se poseront sur de beaux écrans numériques. Bref, les bouquins courent à leur perte. On a même une date: 2015. Nicholas Negroponte, informaticien américain, cité par TechCrunch, explique ainsi que la mort de livre «a lieu. Et elle n'a pas lieu dans 10 ans. Elle a lieu dans 5 ans». Vraiment?

Technology Review s'insurge contre ces tous ces soi-disants experts qui annoncent la mort du livre. D'après le site, tous ces pronostics témoignent d'une exagération irrationnelle. Un seul chiffre suffit pour contredire ces thèses mortifères: les livres numériques ne représentent que 6% des nouveaux livres. Certes, Amazon a récemment annoncé que la vente de livres numériques dépassait celle des livres traditionnels (hors poches). Mais il faut replacer cette information dans son contexte: Amazon détient 90% du marché du livre numérique.

Dans son blog PhDx, le journaliste Philippe Douroux arrive à la même conclusion: les livres ne sont pas en train de mourir, loin de là. Des chiffres? Le nombre total de livres édités est passé de 29.500 en 1985, à 66.000 en 2003, et à 76.000 en 2008. Et le nombre d'exemplaires imprimés est passé de 388 millions en 1985, à à 532 millions en 2003, et à 739 millions en 2008.

Quant à la déclaration de Nicholas Negroponte, elle serait tout aussi fausse et insensée. En effet, la vente de tablettes numériques est au contraire susceptible de diminuer. Pour une raison toute simple: on ne peut pas convertir les livres qu'on possède au format numérique. Le monde regorge donc d'une immense réserve de livres. Des livres qui ont une valeur pour leurs lecteurs, valeur encore plus forte que celle que peut avoir un film ou un CD. Sans parler de la valeur économique. Le jour où des légions de lecteurs habitués à se faire livrer leurs livres pour des prix ridicules (4 ou 5 dollars) accepteront de payer leurs livres numériques le double est encore loin.

Et, enfin, les bibliothèques demeurent indispensables pour l'emprunt de textes. Car, craignant la piraterie, et ayant tiré des leçons de ce qui est arrivé aux industries musicale et cinématographique, les éditeurs ont fait bien attention à rendre impossible, ou du moins très difficile, l'échange et la revente de livres numériques.

Photo: Hardcover book gutter and pages, Horia Varlan via Flickr CC License by

Slate.fr

Newsletters

Pour protester contre l'élitisme d'un projet culturel, des artistes construisent une fontaine composée de 240 pénis

Pour protester contre l'élitisme d'un projet culturel, des artistes construisent une fontaine composée de 240 pénis

À l'intérieur de l'oeuvre? Des toilettes publiques qui actionnent la fontaine lorsque quelqu'un tire la chasse d'eau.

Cannes 2018, jour 11: derniers feux de la Croisette et fils conducteurs

Cannes 2018, jour 11: derniers feux de la Croisette et fils conducteurs

Après la présentation des derniers films sélectionnés au Festival, vue d’ensemble sur certaines tendances d’une édition globalement réussie.

Stephen Malkmus, presque célèbre

Stephen Malkmus, presque célèbre

À l’occasion de la sortie de l’excellent «Sparkle Hard», rencontre avec l’ancien leader de Pavement, figure autant vénérée par le monde du rock indépendant qu’inconnue du grand public.

Newsletters