Monde

Corée du nord: la terrifiante soeur de Kim Jong-il

Slate.fr, mis à jour le 30.09.2010 à 10 h 56

Kim Kyong-hui / REUTERS

Kim Kyong-hui / REUTERS

Kim Kyong-hui, la sœur du dictateur nord coréen Kim Jong-il, considéré comme gravement malade et proche de la mort, a reçu mardi 28 septembre une promotion inattendue et spectaculaire. Elle est devenue général quatre étoiles de l'armée nord-coréenne, le même grade que celui obtenu par le plus jeune fils de Kim Jong-il, Kim Jong-un, considéré jusqu'à présent comme son successeur potentiel.

Pour rendre la dynastie familiale un peu plus claire, la BBC a fait un arbre généalogique.

Le site Daily Beast explique comment Kim Kyong-hui, 64 ans, nouveau général d'une armée nord-coréenne qui possède, entre autre,  l'arme nucléaire et quelques milliers de canons pointés en permanence sur Séoul la capitale sud-coréenne, est une alcoolique notoire, a liquidé plusieurs rivaux politiques et a conduit sa propre fille au suicide.

«Elle n'a rien dans son passé qui suggère la moindre compétence militaire», souligne Evans Revere, un ancien diplomate américain qui a passé de nombreuses années en poste en Corée du sud. «C'est un signe en tout cas qu'elle est un composant essentiel dans le jeu de la famille pour rester au pouvoir.»

Le jeune Kim Jong-un a été également promu cette semaine général quatre étoiles. Son âge est estimé autour de 27-28 ans et les services de renseignement occidentaux ont très peu d'informations sur lui. Il aurait fréquenté plus jeune et sous un faux nom une école en Suisse. Ces anciens camarades de classe se souviennent qu'il aimait le basket américain, Michael Jordan et Jean-Claude Van Damme.

Mais autant la promotion de Kim Jong-un n'a pas surpris les experts et semble logique dans la perspective de la succession, que certains considèrent comme imminente de Kim Jong-il, autant l'apparition dans le jeu du pouvoir de Kim Kyong-hui a étonné. Kim Jong-il a d'ailleurs convoqué un Congrès extraordinaire du Parti communiste nord-coréen, ce qui signifie que son règne est presque arrivé à son terme.

Mais personne en occident ne semble vraiment savoir quelles sont les relations et les rivalités entre les membres de la dynastie. Le pouvoir de Kim Kyong-hui est clairement ascendant. Elle est depuis plusieurs mois fréquemment vue en train de tenir le bras de son frère lors de visites officielles et d'évènements publics. En février, lors d'un spectacle à l'opéra de Pyongyang, Kim Kyong-hui a même été aperçue en grande discussion avec des diplomates russes. Elle est l'épouse de Jang Song-taek, l'un des principaux conseillers de son frère et le vice-président du Conseil national de défense.

Est-il possible qu'elle soit une rivale de son neveu pour prendre le pouvoir? Ou au contraire, sa nomination est-elle une garantie pour Kim Jong-un qu'il n'y aura pas d'opposition à sa prise de pouvoir?

Les spécialistes de la Corée sont sceptiques, notamment en raison du machisme de la société coréenne sur la possibilité pour une femme de diriger le pays. Mais ils sont sûrs d'une chose, si l'influence de Kim Kyong-hui grandit, cela ne va pas vraiment adoucir le régime. La presse japonaise et sud-coréenne a fait état en juin 2009 d'un accident de voiture, qui n'en était pas vraiment un, dans lequel un rival de Kim Kyong-hui est mort.

Jae H. Ku, directeur de l'Institut Corée-Etats-Unis de la School of Advanced International Studies à Washington, estime que sa promotion est avant tout une «assurance pour la famille… Elle avait disparu de la scène publique depuis plusieurs décennies. Sa promotion montre que Kim Jong-il n'a pas d'autre solution dans ces derniers jours que de se tourner vers sa famille. C'est très asiatique, très coréen».

Photo: Kim Kyong-hui / REUTERS

 

Slate.fr
Slate.fr (9125 articles)
En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l’utilisation de cookies pour réaliser des statistiques de visites, vous proposer des publicités adaptées à vos centres d’intérêt et nous suivre sur les réseaux sociaux. > Paramétrer > J'accepte