Life

Pour sauver des vies, oubliez le bouche-à-bouche

Slate.fr, mis à jour le 29.09.2010 à 10 h 56

La technique de réanimation cardio-pulmonaire (RCP) enseignée depuis quarante ans dans tous les cours de secourisme consiste en deux gestes simples: le bouche-à-bouche et les compressions thoraciques. Selon les statistiques, elle permet de sauver 25% des patients dont le cœur s’est arrêté. Mais selon de nouvelles études, une technique plus simple et qui pourrait sauver encore plus de vies existe, rapporte le site Popular Mechanics: la réanimation cardio-cérébrale («CCR» en anglais, à ne pas confondre avec le groupe de rock qui a les mêmes initiales).

Principale différence avec la RCP: lors des 5 à 10 premières minutes après l’arrêt cardiaque, le sauveteur ne fait pas de bouche-à-bouche au patient. Au lieu de cela, il se concentre entièrement sur les compressions thoraciques, à un rythme de 100 par minute. Lors d’un essai clinique dans le Wisconsin, cette technique a sauvé 30% de vies en plus que la réanimation cardio-pulmonaire traditionnelle. De plus, les patients qui avaient reçu ce traitement d’urgence avaient 24% plus de chances que ceux soignés avec la RCP d’être neurologiquement intacts à leur sortie de l’hôpital.

«C’est une des premières fois dans l’histoire de la médecine que quelque chose devient plus simple», s’enthousiasme le docteur Amal Mattu, professeur de médecine d’urgence à l’université du Maryland.

Il y a deux explications à l’efficacité supérieure de la nouvelle technique de réanimation. D’une part, une pression constante sur le thorax maintient un certain niveau de tension artérielle, ce qui n’est pas le cas quand le sauveteur arrête le massage cardiaque pour faire du bouche-à-bouche: la tension artérielle tombe rapidement proche de zéro et le sang n’atteint plus les organes vitaux et le cerveau.

Ensuite, la ventilation a un effet négatif sur l’efficacité des compressions thoraciques. Quand un sauveteur insuffle de l’air dans la bouche d’un patient, il fait rentrer de force de l’air dans les poumons, ce qui augmente la pression dans la poitrine et compresse les veines qui ramènent le sang vers le cœur.

En France, le site de la Fédération française de cardiologie dédié aux gestes qui sauvent en cas d’arrêt cardiaque recommande déjà en priorité le massage cardiaque dans l’attente d’un défibrillateur ou des premiers secours: «Dans les premières minutes, il faut privilégier le massage cardiaque. Mais si vous savez le faire, vous pouvez aussi pratiquer une ventilation pulmonaire (bouche-à-bouche): 2 insufflations toutes les 30 compressions thoraciques.»

Photo: aed and cpr, Frederick Md Publicity via Flickr CC License by

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