Monde

Pénurie du produit qui donne la mort aux Etats-Unis

Slate.fr, mis à jour le 28.09.2010 à 16 h 19

Aux Etats-Unis, trois exécutions ont été remises à plus tard et quatorze autres pourraient être retardées jusqu’à janvier à cause d’une pénurie nationale de thiopental sodique, un produit utilisé dans les injections mortelles lors des exécutions.

Le gouverneur du Kentucky a dû annuler la signature de deux ordres d’exécution en attendant que le produit soit de nouveau en stock, une injection a été repoussée en Oklahoma le mois dernier et les responsables en Arizona ont éprouvé les pires difficultés pour trouver assez de barbiturique pour la prochaine exécution, le 26 octobre prochain (ils ont finalement réussi à mettre la main sur ce qu’ils cherchaient.)

Le fabriquant du produit, Hospira, connaît une pénurie de thiopental sodique depuis le printemps, et l’annonce qu’il n’y aura aucun nouvel arrivage jusqu’en 2011 à cause d’un «problème avec un fournisseur de matière première» en a étonné plus d’un, notamment parce que l’entreprise a fait part publiquement de son opposition à la peine de mort.

La pénurie a mis les 35 Etats américains qui utilisent le barbiturique dans une situtation délicate: il n’y a pas de fabricant de thiopental sodique approuvé par la Food and drugs administration (FDA) hors des Etats-Unis, et toute tentative d’utilisation d’autres produits entraînerait probablement une bataille juridique et des délais encore plus importants.

Les hôpitaux ne peuvent pas intervenir pour des raisons éthiques, explique Associated Press, et n’ont de toute façon que peu de stocks du produit depuis que celui-ci n’est plus utilisé comme anesthésiant. Selon certains observateurs, c’est d’ailleurs la raison principale pour laquelle Hospira n’est plus très à l’aise dans son costume de seul fournisseur de thiopental sodique du pays.

Hospina dément toute considération politique dans la pénurie, mais pour Jonathan Groner, chercheur à l’Ohio State University, le démenti est peu crédible: l’utilisation de ce barbiturique «a diminué à tel point que l’entreprise ne veut pas fabriquer un produit qui n’a d’autre application que celle de tuer des gens». Selon le Columbus Dispatch, Hospira aurait informé des responsables du système pénitencier de l’Ohio qu’il «ne soutenait pas l’utilisation de nos produits dans des procédures de peine capitale».

Photo: Daily injection, Sarah G... via Flickr CC License by

Slate.fr
Slate.fr (9125 articles)
En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l’utilisation de cookies pour réaliser des statistiques de visites, vous proposer des publicités adaptées à vos centres d’intérêt et nous suivre sur les réseaux sociaux. > Paramétrer > J'accepte