Monde

Crise interne à Wikileaks

Temps de lecture : 2 min

Le site Wikileaks, qui s'est rendu célèbre en publiant 77.000 documents confidentiels sur la guerre en Afghanistan en juillet dernier, est secoué par une série de démissions. Celles-ci sont liées au mécontentement croissant envers Julian Assange, le fondateur du site, rapporte Wired.

C'est la décision prise unilatéralement par Julian Assange de mettre en ligne 392.000 documents confidentiels sur la guerre en Irak dès le 18 octobre, ainsi que celle de conclure des accords d'exclusivité avec certains médias, qui auraient mis le feu aux poudres. D'après plusieurs membres de Wikileaks, cette mise en ligne interviendrait beaucoup trop tôt, empêchant l'équipe de retirer des documents des éléments pouvant mettre en danger les personnes travaillant pour les Etats-Unis en Irak.

Au-delà de ce problème, ces démissions témoignent d'un malaise plus général dans l'équipe du site. La plus retentissante d'entre elles est celle de Daniel Schmitt, le représentant de Wikileaks en Allemagne, souvent présenté comme la deuxième personne la plus connue au sein du site. Alors qu'il avait fait part à Julian Assange de divergences sur les priorités du site, il raconte dans un entretien à l'hebdomadaire Der Spiegel la réaction de son supérieur:

«Julian Assange a réagi à la moindre critique en m'accusant d'être désobéissant et déloyal au projet. Il y a quatre semaines, il m'a suspendu, agissant comme persécuteur, juge et bourreau à la fois.»

Wired publie le texte de la conversation en ligne lors de laquelle Assange a annoncé sa suspension à Schmitt. Le ton était monté entre les deux hommes, Daniel Schmitt reprochant au fondateur du site de «se comporter comme une espèce d'empereur ou de marchand d'esclaves».

D'autres membres importants du staff de Wikileaks ont quitté l'organisation, parmi lesquels Herbert Snorrason, un étudiant islandais qui participait à la maintenance technique du site. Alors qu'il avait interrogé Julian Assange sur la suspension de Daniel Schmitt, il a reçu cette réponse:

«Je suis le coeur et l'âme de cette organisation, son fondateur, son philosophe, son porte-parole, son programmateur original, son organisateur, son financier et tout le reste. Si tu as un problème avec moi, casse-toi.»

Alors qu'il fait l'objet depuis plusieurs semaines de deux enquêtes pour viol et agression sexuelle en Suède, Julian Assange semble plus isolé que jamais, comme un article du Daily Beast le montrait déjà. Et le lancement début septembre du site WikiLeakiLeaks ne devrait pas arranger les choses. Créé par Gawker, ce site se propose de mener l'enquête sur les zones d'ombre persistantes autour de Wikileaks (notamment son financement) et de son étrange fondateur, en faisant participer les internautes. A la manière de Wikileaks !

À LIRE ÉGALEMENT SUR SLATE: Wikileaks: petit manuel de la fuite parfaite

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Photo: Julian Assange à Copenhague en 2009. Cirt via Wikimedia Commons, licence CC

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