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Bossi: «Les Romains sont des porcs»

Temps de lecture : 2 min

Umberto Bossi
Umberto Bossi

«Ras-le-bol du Senatus Populusque Romanus, moi je dis: ce sont des porcs, ces Romains.» Voilà ce qui se passe quand Umberto Bossi, fondateur du parti Ligue du Nord, et connu pour ses critiques à la capitale italienne, revisite une devise romaine, explique Il Sole 24 ore. SPQR, à l'origine Sentus Populusque Romanus (le Sénat et le peuple romain) devient, dans la bouche du leader populiste: «Sono Porci Questi Romani», les Romains sont des porcs.

Pourquoi le fondateur de la Ligue du Nord se déchaîne-t-il? Tout simplement parce que le Grand Prix d’Italie de Monza, dans le Nord, pourrait être transféré à Rome. Et ce, une semaine après le vote sur Rome capitale (une loi qui donne plus de pouvoirs et d'autonomie à la capitale italienne), ce qui déplaît à la Ligue du Nord. Trop, pour Umberto Bossi, qui a voulu rassurer ses partisans: son jugement sur la Ville Eternelle n'a pas changé. Rome, c'est toujours «Roma Ladrona», d'après le slogan qu'il affectionne.

Une blague, relativisera ensuite l'équipe de Bossi. Une blague, mais pas vraiment. «C'était une boutade, mais vu les réactions, j'en viens à croire que les Romains ont quelque chose à se reprocher», a affirmé Bossi, cité par La Stampa.

En effet la déclaration en a irrité plus d'un, même au sein de gouvernement, en grand embarras. «Cette fois, il a vraiment exagéré...», a déclaré, au nom du gouvernement, le ministre des Affaires étrangères Franco Frattini, après avoir parlé avec Silvio Berlusconi.

Mais Bossi contrattaque: déjà qu'«on nous a privé de l'aéroport de Malpensa, maintenant ils veulent aussi nous piquer le Grand Prix de Monza(...) on peut comprendre que le Nord n'aime Rome.» Et il tient à préciser: «Tout le monde sait que je n'ai pas une dent contre le peuple romain, mais contre cette Rome qui vole liberté et richesse à ceux qui la produisent.»

La réaction de Gianni Alemanno n'a pas tardé: le maire de Rome a écrit au président du Conseil pour qu'il dénonce la phrase de Umberto Bossi. Il lui a aussi demandé de «donner des leçons de bienséance» à ses ministres: «Même les boutades et les mots peuvent êre des pierres. Dans tous les cas, Rome n'a rien volé à personne.»

Photo: Umberto Bossi via Wikimedia.

Slate.fr

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