Économie

Pourquoi il n'y a pas eu de deuxième bulle Internet

Temps de lecture : 3 min

C'était il y a dix ans. A l'époque, le web en plein développement attirait de très nombreuses start-ups et apparaissait comme un nouvel eldorado pour les investisseurs. A la fin des années 1990, la valeur des sociétés ayant investi le nouveau terrain de l'économie numérique gonflait à toute vitesse. Jusqu'au 10 mars 2000, jour où l'indice Nasdaq a culminé à 5.132 points. Puis la bulle spéculative a explosé. De nombreuses entreprises ont fait faillite. 5.000 milliards de dollars de capitalisation boursière sont partis en fumée entre mars 2000 et octobre 2002, rappelle ZDNet. Depuis, le Nasdaq n'a jamais retrouvé son niveau de l'an 2000.

Et justement, une décennie plus tard, cette absence de forte croissance peut paraître étonnante. Alors que le nombre d'internautes dans le monde a été multiplié par quatre en dix ans, comment se fait-il que nous n'ayons pas connu une seconde bulle Internet?

Shane Greenstein, économiste de Northwestern University, tente une réponse à cette question dans une étude relayée par Technology Review. Sa thèse est assez simple: alors que les entreprises présentes avant l'explosion de la bulle avaient inventé des services complètement novateurs, créant une vraie valeur ajoutée, celles de la «seconde vague» n'ont fait que reproduire en ligne ce qui existait déjà dans la vie réelle. Technology Review cite des exemples classiques:

«La musique en ligne a cannibalisé les revenus des vendeurs physiques de musique. La publicité en ligne, en particulier sur Google, a pris les revenus des journaux, des magazines et même de la télévision. Cette situation a fondamentalement changé le paysage de la vente au détail et des médias, réorientant les revenus vers un nombre incalculable de nouveaux débouchés.»

Greenstein va cependant plus loin en avançant une seconde explication, peu réjouissante en cette période de crise: en nous occupant à faible coût, Internet serait un facteur de ralentissement de l'activité économique! En effet, si le web n'existait pas, nous dépenserions plus d'argent en loisirs, soutenant ainsi le niveau du PIB. Au lieu de cela, nous passons des heures à jouer gratuitement sur la Toile, sans créer aucune richesse. Au grand désespoir des économistes!

Photo: Le Nasdaq, à Times Square (New York). Scott Vachalek via Flickr, licence CC

C'était il y a dix ans. A l'époque, le web en plein développement attirait de très nombreuses start-ups et apparaissait comme un nouvel eldorado pour les investisseurs. A la fin des années 90, la valeur des sociétés ayant investi le nouveau terrain de l'économie numérique gonflait à toute vitesse. Jusqu'au 10 mars 2000, jour où l'indice Nasdaq a culminé à 5.132 points. Puis la bulle spéculative a explosé. De nombreuses entreprises ont fait faillite. 5.000 milliards de dollars de capitalisation boursière sont partis en fumée entre mars 2000 et octobre 2002, rappelle ZDNet. Depuis, le Nasdaq n'a jamais retrouvé son niveau de l'an 2000.

Et justement, une décennie plus tard, c'est cette absence de forte croissance qui étonne. Alors que le nombre d'internautes dans le monde a été multiplié par quatre en dix ans, comment se fait-il que nous n'ayons pas connu une seconde bulle Internet?

Shane Greenstein, économiste de Northwestern University, tente une réponse à cette question dans une étude relayée par Technology Review. Sa thèse est assez simple: alors que les entreprises présentes avant l'explosion de la bulle avaient inventé des services complètement novateurs, créant une vraie valeur ajoutée, celles de la «seconde vague» n'ont fait que cannibaliser en ligne ce qui existait déjà dans la vie réelle. Technology Review cite des exemples classiques:

«La musique en ligne a cannibalisé les revenus des vendeurs physiques de musique. La publicité en ligne, en particulier sur Google, a pris les revenus des journaux, des magazines et même de la télévision. Cette situation a fondamentalement changé le paysage de la vente au détail et des médias, réorientant les revenus vers un nombre incalculable de nouveaux débouchés.»

Greenstein va cependant plus loin en avançant une seconde explication, peu réjouissante en cette période de crise: en nous occupant à faible coût, Internet serait un facteur de ralentissement de l'activité économique! En effet, si le web n'existait pas, nous dépenserions plus d'argent en loisirs, soutenant ainsi le niveau du PIB. Au lieu de cela, nous passons des heures à jouer gratuitement sur la Toile, sans créer aucune richesse. Au grand désespoir des économistes!

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