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Paris Hilton, cocaïne: la liste des mots interdits de Google

Slate.fr, mis à jour le 27.09.2010 à 11 h 01

Lancé il y a quelques semaines, la fonction Google Instant affiche des résultats en temps réel sur le moteur de recherche. La fonction n'est pour l'instant accessible qu'aux internautes possédant un compte Google ou Gmail. Pour présenter les résultats à la seconde près, le moteur de recherche se base sur sa fonction Suggest qui affiche les requêtes les plus tapées par les internautes.

Cet algorithme est tempéré par une impitoyable censure empêchant que des mots à caractère sexuel ou diffamatoire apparaissent. Quand le moteur de recherche ne veut pas d'une expression gênante, Google Instant affiche un impressionnant écran blanc, rendant la censure très visible.

Le webzine de hackers 2600.com a publié une liste non exhaustive des mots anglais interdits par Google. Les termes sexuels y sont sans surprise largement dominants. Les mots clairement orientés comme «BDSM» (sado-maso), «pussy» (chatte), «slut» (salope) sont impitoyablement censurés. Mais il est plus intéressant de se pencher sur les termes à double sens, dont Google prive les internautes bien intentionnés: «teen» (adolescent, un tag classique sur les sites porno), «amateur» (un autre tag porno),«Paris Hilton» (qui paye ainsi pour sa sex-tape), «two girls» (deux filles, évoquant la célèbre vidéo scato Two girls one cup), «lolita» (et tant pis pour Nabokov et Kubrick).

2600.com relève d'autres bizarreries comme la censure du mot «cocaine» alors qu'«heroine» et «crack» s'affichent normalement. On en apprend également de bien belles sur certaines pratiques du web: Google empêche ainsi l'affichage de «stickam girl», Stickam étant un site de streaming vidéo où les internautes peuvent proposer des shows devant leur webcam. Merci Google, ceux qui ne le savaient pas apprennent que les «girls» de Stickam savent donc aussi se dénuder.

Au-delà des bonnes moeurs, Google s'intéresse aussi aux diverses discriminations et empêche l'affichage des expressions du type «jews are» (les juifs sont). La liste des minorités ainsi protégées est très étonnante: les chrétiens, les athées, les musulmans, les noirs, mais aussi une liste de nationalités visiblement moquées sur la Toile, les Italiens, les Mexicains, les Chinois, les Japonais, les Allemands et... les Français.

Pas de chance pour Google, en français, ces expressions s'affichent et l'on comprend mieux pourquoi elles sont censurées.

Par contre, l'expression «les arabes sont» est elle censurée, laissant imaginer le niveau affligeant des requêtes des internautes.

Google se défend d'être responsable de ces expressions:

«Il ne s'agit pas de suggestions faites par Google, mais d'une agrégation des requêtes les plus populaires. [...] Tout comme sur le Web, les résultats des requêtes présentées peuvent inclure des termes et des phrases absurdes, étranges, choquantes ou surprenantes

Photo: capture d'écran

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