France

Le PDG de Google condamné par la justice française

Slate.fr, mis à jour le 25.09.2010 à 14 h 32

Le tribunal de grande instance (TGI) de Paris a condamné Eric Schmidt, le PDG de Google, pour «diffamation publique envers un particulier». C’est ce que révèle le site Legalis.net dans un article du 23 septembre accompagné d’une retranscription détaillée du jugement.

Le site souligne qu’il s’agit d’«une nouvelle pierre à l’édification de la jurisprudence sur la fonction Google Suggest», l’outil de suggestions de recherche de Google, crée en 2008 pour faire gagner du temps à l’internaute mais qui traîne depuis un certain temps une réputation sulfureuse. Le Monde rappelle le fonctionnement de l’outil, qui «propose un affichage de mots-clés dans la barre de recherche, à partir des premières lettres tapées par l'utilisateur.» Mais lors d’une requête concernant une personne publique par exemple, celle-ci est souvent associée au terme «juif». Les mots «arabes» ou «noirs» sont également accolés à certains clichés racistes difficilement justifiables.

C’est pour une association de la sorte qu’Eric Schmidt, en sa qualité de directeur de la publication de Google.fr et Google Inc, vient d’être condamné. La «victime» de Google, qui avait été impliquée dans une affaire de corruption de mineure et fait l’objet d’une condamnation, avait constaté que la fonctionnalité Google Suggest faisait apparaître, en proposition de requête, les termes «viol», «condamné», «sataniste» ou «prison» associés à ses nom et prénom. Le tribunal a décidé que Google devra donc supprimer ces «suggestions et propositions litigieuses sous une astreinte de 500 euros par manquement constaté et par jour, dans un délai d'un mois».

Google s’est défendu de nombreuses fois sur le sujet en expliquant qu’aucun «humain» n’intervient dans ses propositions: celles-ci sont déterminées uniquement par un algorithme ne prenant en compte que des critères «objectifs». Si certains résultats sont surprenants, Google affirme n’y être absolument pour rien:

«Les requêtes de recherche renvoyées par la saisie semi-automatique reflètent les activités de recherche de l'ensemble des internautes. À l'image de ce que vous pouvez trouver sur le Web, les requêtes peuvent parfois contenir des termes ou des expressions loufoques, étranges ou surprenants. Nous nous efforçons en permanence de présenter, de manière neutre et objective, toute la diversité du contenu disponible sur Internet (certaines informations étant satisfaisantes et d'autres inappropriées). Pour autant, nous appliquons également des règles strictes s'agissant des contenus pornographiques, violents ou incitant à la haine.»

Ces fameuses règles sont pourtant parfois imposées à l’entreprise. Fin 2009, la cour d’appel de Paris avait ainsi condamné Google à retirer de ses suggestions le mot «arnaque» associé à la marque Direct Énergie.

Photo: capture d'écran

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