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Les candidatures grotesques minent les législatives brésiliennes

Slate.fr, mis à jour le 21.09.2010 à 14 h 00

Photo: Capture d'écran sur YouTube

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Tiririca est un clown professionnel, Suellam Rocha une top-model de 22 ans et Romario a été sacré champion du monde de football avec la Seleção en 1994. Tous trois sont candidats aux législatives brésiliennes, organisées en même temps que l’élection présidentielle du 3 octobre prochain. À titre d'illustration, voici quelques clips de campagne de Tiririca:

Ce qui pourrait n’être qu’une anecdote électorale révèle un problème prégnant. À la différence du scrutin présidentiel, pour lequel tout le pays s’attend à une victoire écrasante de Dilma Rousseff, la protégée de Lula, les législatives sont beaucoup plus ouvertes. La Chambre des Députés est en effet composée de 513 membres élus à la proportionnelle, ce qui favorise l’émergence de «petits candidats». Comme Tiririca donc, que les sondages créditent de près d’un million de voix. La BBC rapporte également que Romario a d’excellentes chances d’entrer au Parlement. Eliane Cantanhede, correspondante politique pour Folha, un quotidien de Sao Paulo, explique cette tendance:

«Au Brésil, tous les candidats ont un temps de passage alloué à la télévision et à la radio. Et quand des gens comme Tiririca apparaissent à l’écran, ils détonnent par rapport à ceux, plus “ennuyeux”, qui utilisent leur espace pour faire de vraies propositions.»

Et de préciser:

«Il y a une certaine tradition brésilienne concernant le vote pour ce type de personnages. Soit parce qu’ils font forte impression aux populations pauvres et peu informées, soit parce qu’ils attirent les plus riches ayant reçu une éducation de qualité, qui en ont assez des politiciens “classiques” et veulent le faire savoir.»

Ce ras-le-bol s’explique par une accumulation de scandales de corruption ayant éclaboussé des parlementaires: on en comptabiliserait environ une vingtaine depuis 1985. Autre cause, la pratique du pouvoir exercée par l’administration Lula. Eliane Cantanhede raconte:

«À cause du caractère centralisateur du gouvernement Lula et de son manque d’intérêt à promouvoir un débat éthique, les élections législatives ont perdu leur rôle politique.»

Si le raz-de-marée des «candidats LOL» n’est pas encore certain, une chose est sûre, les urnes ne seront pas désertées début octobre. Le vote est obligatoire dans le pays le plus peuplé d’Amérique latine.

Photo: Capture d'écran sur YouTube

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