France

Ahmadinejad défend Carla Bruni

Slate.fr, mis à jour le 19.09.2010 à 13 h 18

Un «crime», «contraire à l'islam aux valeurs de la république islamique et à l'honneur»: ces critiques, Mahmoud Ahmadinejad les adresse au quotidien iranien Kayhan, pourtant proche du pouvoir, pour un article qui insultait Carla Bruni-Sarkozy, rapporte France Info.

Fin août, le quotidien avait qualifié Carla Bruni-Sarkozy de «prostituée» dans un violent éditorial dénonçant la récente pétition de soutien à Sakineh Mohammadi-Ashtiani, une Iranienne condamnée à mort par lapidation pour avoir eu des «relations illégales» après la mort de son mari.

«Les prostituées françaises rejoignent la lutte des droits de l'homme», avait titré Kayhan, d'après LeJDD.fr. Le journal s'en prennait très personnallement à Carla Bruni-Sarkozy, qualifiée d'«infâme».  Elle était accusée  d'avoir «brisé le mariage de Sarkozy [pour] devenir la première dame de France». Selon le Daily Telegraph, la télévision iranienne avait aussi dénoncé l'«immoralité» de Carla Bruni.

Le porte-parole du ministère des Affaires étrangères iranien avait alors déclaré que «la République islamique n'approuve pas l'insulte contre les responsables des autres pays», rappelle l'AFP, et Paris avait transmis une protestation officielle aux autorités iraniennes.

Dans son interview avec le quotidien Iran, Mahmoud Ahmadinejad a ajouté à propos de l'article de Kayhan

«C'est un crime pire qu'un crime. S'il y a réellement une justice, leurs auteurs devraient être poursuivis... Un média peut-il insulter l'épouse d'un président européen ? Avec quel Islam cela est-il permis ?»

L'AFP souligne la discorde entre Kayhan et le gouvernement iranien actuel: le quotidien estime qu'Ahmadinejad et ses ministres s'éloignent trop de la ligne orthodoxe du régime sur certains sujets religieux et de société.

En attendant, on ne sait toujours pas ce qu'il adviendra de Sakineh Mohammadi-Ashtiani. Le ministère des Affaires étrangères iranien confirmait début septembre la suspension de l'exécution par lapidation de la jeune femme. Mais dans une interview avec le site La Règle du jeu, son avocat expliquait n'avoir reçu «aucun document officiel écrit indiquant la suspension de la peine», et n'avoir été «informé de rien».

Il précisait que le ministère des Affaires étrangères n'avait pas le pouvoir de suspendre une décision judiciaire, et estimait que «ces propos ne sont que de belles paroles, face à la pression internationale. Elles n'ont pour but que de calmer l'Occident, pour arrêter les manifestations de soutien».

Photo: Le président iranien Mahmoud Ahmadinejad. Raheb Homavandi / Reuters

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