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L'assurance anti-Hadopi coûtera 18 euros

Slate.fr, mis à jour le 14.09.2010 à 11 h 29

Tangled Network, Bruno Girin, Flickr CC licence By-sa

Tangled Network, Bruno Girin, Flickr CC licence By-sa

SOS-Hadopi sera lancé mercredi 15 septembre. La start-up se veut une assurance contre les risques juridiques de la loi Hadopi dont les premiers mails d'avertissement doivent arriver dans les prochaines semaines. «L’offre SOS-Hadopi se scinde en deux parties. L’une gratuite, avec de l’information générale, via une lettre d’information. Et l’autre payante, dans laquelle nous proposerons un suivi personnalisé», annoncent les 3 fondateurs du site, Renaud Veeckman, Christophe Berhault et Jérôme Bourreau-Guggenheim.

Ce dernier est loin d'être un inconnu dans la large sphère des anti-Hadopi. Jérôme Bourreau-Guggenheim, ancien responsable du pôle innovation web de TF1, s'était fait connaître en se faisant virer de l'entreprise en mai 2009 après avoir envoyé un mail dénonçant les absurdités de la loi à la députée UMP Françoise de Panafieu.

Pour 18€ par an, soit 1,5€ par mois, les abonnés au service SOS Hadopi recevront des «conseils et des informations pour surfer en toute tranquillité», autrement pour échapper aux radars de la Hadopi. Mais surtout ils bénéficeront des conseils juridiques de la start-up en cas de soucis avec l'autorité administrative. En cas de convocation devant la Commission de Protection des Droits, l'organe central de la Hadopi, chargé d'appliquer la riposte graduée, la start-up offrira les services d'un de ses avocats.

SOS-Hadopi se place clairement dans le combat idéologique des opposants à la loi. Comme le relève PC Inpact, la start-up conseille de ne pas installer les fameux «logiciels de sécurisation», qui doivent permettre aux internautes d'échapper à l'accusation de «négligence caractérisée» (le fait de laisser télécharger illégalement sur sa connexion Internet):

Plutôt qu’inciter les abonnés à installer le «logiciel de sécurisation», qualifié de «spyware», SOS-Hadopi estime qu’il est possible d’aider l’internaute à se défendre sans ce verrou technique. Comme exposé voilà peu, ce verrou pourrait même se retourner contre l’abonné via la journalisation des évènements qu’il implique –«à telle heure, l’abonné X a activé tel logiciel P2P et fait ceci ou cela»– (voir p.27 du document de la Hadopi sur la sécurisation et le filtrage).

Pour le site spécialisé Numerama, SOS-Hadopi est le «symbole, cynique, d'une mauvaise loi»:

Sans le lui reprocher, on ne peut pas ne pas ressentir un certain malaise à ce qu'une entreprise commerciale profite ainsi du mauvais travail du législateur pour exploiter voire accentuer la peur des citoyens, alors qu'elle sait probablement très bien qu'aucune affaire n'ira jamais jusque sur le bureau d'un juge. Le mieux pour l'Hadopi et le gouvernement serait de le reconnaître.

Photo: Tangled Network, Bruno Girin, Flickr CC licence By-sa

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