Culture

Mostra: Tarantino vexe l'Italie

Temps de lecture : 2 min

Quentin Tarantino
Quentin Tarantino

«Tarantino couronne Sofia Coppola. L'Italie reste mains vides», «Le made in Italy fait flop à Venise. La faute à Tarantino?»

A l'issue de la 67e Mostra de Venise, la presse italienne affiche son amertume. Le réalisateur américain aurait-il marqué la Mostra de Venise par son empreinte tarantinesque? C'est ce que semblent reprocher les journaux italiens au président du jury de cette 67e édition de la Mostra, qui a décérné le lion d'or à Sofia Coppola.

«Tarantino a primé dans l'ordre: son ex Sofia Coppola, son premier producteur Monte Hellman, et a enfin donné deux prix à Alex de la Iglesia, un tarantinien espagnol», écrit Il Corriere Della Sera. Pour le quotidien italien, Tarantino a voulu faire triompher son Amérique pulp, il a «savouré le pouvoir absolu dans la province italienne de l'empire cinématographique».

On retrouve la même idée dans La Stampa: le vrai gagnant de la Mostra, c'est le cinéma de Tarantino, «le goût de l'exagération, le charme des images, la récitation aux limites du possible».

L'Italie, elle, perd sur tout la ligne. Voilà 12 ans qu'elle ne gagne pas de Lion d'Or. Et ce, malgré une présence massive à cette édition de la Mostra: 41 films, et même pas un prix de consolation. S'il est tentant de faire reposer la faute sur les épaules du seul Tarantino, nombreux sont ceux qui s'inquiètent de l'évolution du cinéma italien.

Les jurés italiens sont les premiers à nier les accusations de favoritisme envers Quentin Tarantino. Ils racontent que si, au départ, le réalisateur n'était pas enthousiaste de Somwhere, le film de Sofia Coppola, il s'est ensuite rendu compte, en comparaison avec les autres films, que la dégradation décrite par Sofia Coppola avait quelque chose de très profond.

Pour le réalisateur italien Gabriele Salvatores, ces reproches sont insensées. «Parler de conflit d'intérêt dans un pays comme l'Italie pour un prix à une ancienne copine est ridicule, a-t-il déclaré, pour ensuite livrer une dure analyse sur la situation actuelle du cinéma transalpin. J'espère qu'on réfléchira au cinéma italien, en termes commerciaux et de qualité. Le jury n'a donné de jugement positif qu'aux interprètes. Nous avons deux parents encombrants: la comédie et le néoréalisme, et si nous espérons grandir il faut, je ne dis pas tuer, mais dépasser nos parents. Nous avons des problèmes d'écriture cinématographique en ce qui concerne les thèmes traités, et la façon dont ils sont traités.»

Photo: Quentin Tarantino / Jeff Balke via Wikimedia

Slate.fr

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