Economie

Pourquoi les patrons devenus riches travaillent encore?

Slate.fr, mis à jour le 13.09.2010 à 12 h 40

Steve Jobs, patron et fondateur d'Apple Kimberly White / Reuters

Steve Jobs, patron et fondateur d'Apple Kimberly White / Reuters

Quelles sont les réelles motivations humaines au travail? Est-ce que le slogan travailler plus pour gagner plus est efficace? Quand un individu a gagné «suffisamment» d'argent, fort logiquement en gagner plus ne devient plus pour lui une motivation suffisante pour le pousser à travailler. Alors comment expliquer que les gens qui ont fait fortune continuent très souvent à beaucoup travailler et sont même souvent incapables de s'arrêter? Daniel Pink, sociologue, spécialiste du comportement, qui était un des auteurs des discours du vice-président américain Al Gore, apporte des réponses aux questions sur les réelles motivations des êtres humains au travail. Le Christian Science Monitor consacre un long article au livre que Daniel Pink vient de publier et qui s'intitule Drive, The surprising truth about what motivates us (Motivation: la surprenante vérité sur ce qui nous motive).

L'auteur explique que de nombreuses études prouvent que les individus sont bien motivés jusqu'à un certain niveau par l'argent pour travailler plus. Mais une fois que les employés ou les patrons considèrent être payés «suffisamment», d'autres motivations prennent, ou non, le relais comme «l'autonomie, la maîtrise (au sens de grande habileté au travail) ou la satisfaction apportée par le travail bien fait et sa finalité».

En théorie, l'économie de marché capitaliste fonctionne en motivant les personnes qui veulent prendre des risques en lançant de nouveaux produits et de nouvelles sociétés, en leur permettant, si le succès est au bout, de gagner plus d'argent. Le marché récompense en quelque sorte les entrepreneurs qui réussissent avec un gros bonus appelé profit.

Mais en fait, cela ne fonctionne pas seulement comme cela. Daniel Pink montre que cette théorie ne correspond pas forcément à la réalité en citant l'exemple de personnes qui ont accumulé une fortune dans une activité et se lancent dans une autre qui aura un impact négligeable sur leurs revenus. Il en tire la conclusion que les autres sources de motivation jouent un rôle important et que les ignorer revient à commettre une grave erreur.

Dans un entretien au magazine Time, Daniel Pink souligne que la récession et la crise renforcent ses arguments. «Une des raisons pour lesquelles l'économie est sortie de la route tient aux rémunérations considérables liées à des activités de court terme et sans réelle valeur. Quand cela dure trop longtemps, cela finit par avoir des conséquences collatérales sur l'ensemble de l'économie et des comportements.»

Il ajoute que dans le comportement humain, «la motivation liée aux principes de la récompense et la punition est nécessaire. Mais la science montre que nous avons aussi une troisième source de motivation qui tient à la satisfaction inhérente à ce que nous faisons. Et si nous la négligeons, nous laissons de côté énormément de ressources et de talents».

Photo: Steve Jobs, patron et fondateur d'Apple Kimberly White / Reuters

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