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Des GIs accusés de collectionner des doigts d'Afghans

Temps de lecture : 2 min

Des documents publiés mercredi 8 septembre accusent des soldats américains d’avoir coupé et conservé des doigts de dépouilles afghanes, et apportent de nouveaux détails sur le procès à venir d’une douzaine de militaires qui ont servi pendant un an dans la région de Kandahar au sein de la brigade d’infanterie Stryker.

Dans ce qui représente une des plus importantes affaires de crime de guerre depuis le début de la guerre en Afghanistan, les accusations les plus graves concernent le meurtre de trois Afghans en janvier, février et mai 2010. Cinq soldats sont accusés d’être impliqués dans au moins un des trois meurtres, et risquent des peines allant jusqu’à la prison à perpétuité ou même la peine de mort.

Ces hommes, ainsi que sept autres, sont également jugés pour consommation de haschisch, obstruction à la justice, possession des membres humains et conservation des cartouches de mortier pour usage personnel. Un des soldats est accusé de possession d’os de doigts, de jambes et d’une dent prélevés sur un corps afghan, ainsi que d’avoir poussé un autre soldat à couper un doigt sur un cadavre.

Selon les enquêteurs, l’idée de tuer des Afghans est venue après l’arrivée du sergent Calvin Gibbs sur la base militaire. Gibbs aurait vanté à plusieurs reprises la facilité de tuer des gens en Irak et ce sans se faire attraper, et aurait décidé de créer une «équipe de tueurs» au sein de l’unité, rapporte le Guardian.

L’affaire risque d’occuper les médias américains pour un certain temps, comme l’écrit le Seattle Times:

«Les documents laissent augurer une longue bataille légale dans les mois à venir qui verra les accusés affronter les procureurs de l’armée américaine qui ont monté leur dossier à partir de témoignages sous serment de soldats.»

Chaque soldat sera d’abord auditionné pour décider s’il devra passer devant la cour martiale. Certains d’entre eux rejettent déjà vigoureusement les accusations portées. Selon les documents, l’affaire a commencé lorsqu’un soldat qui avait dénoncé ses camarades pour consommation de haschich volé à des civils s’est fait battre, cracher dessus, étouffer et menacer de mort par sept soldats début mai. Il a ensuite fourni des éléments qui ont déclenché une enquête plus large.

Photo: L'iPod d'un soldat américain accroché à sa veste, Afghanistan, le 11 juillet 2009 S. ZHUMATOV / REUTERS

Slate.fr

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