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L'avocat de Sakineh dément la suspension de sa lapidation

Temps de lecture : 2 min

Sera? Sera pas? Alors que le ministère des Affaires étrangères iranien confirmait mercredi 7 septembre la suspension de l'exécution par lapidation de Sakineh Mohammadi Ashtani, le futur de la jeune femme reste incertain.

Son avocat explique n'avoir reçu «aucun document officiel écrit indiquant la suspension de la peine», et n'avoir été «informé de rien» dans une interview publiée par le site La Règle du jeu:

«Et, de toute façon, le ministère iranien des Affaires étrangères, et donc le gouvernement iranien, qui représente l'Éxécutif, n'a pas le pouvoir de suspendre cette peine qui concerne le Judiciaire. [...] Si la suspension avait été prononcée par le pouvoir judiciaire, on me l'aurait présentée et je l'aurais tout de suite confirmée.»

L'avocat affirme avoir demandé cette suspension dix fois, sans réponse, et estime que «ces propos ne sont que de belles paroles, face à la pression internationale. Elles n'ont pour but que de calmer l'Occident, pour arrêter les manifestations de soutien».

Il précise que tant que le dossier de lapidation de Sakineh Mohammadi Ashtani ne comporte aucun document officiel indiquant la suspension de sa peine, «celle-ci peut être exécutée à tout moment». Et s'inquiète de la fin ce vendredi du Ramadan, mois pendant lequel aucun prisonnier n'est exécuté en Iran.

Sakineh Mohammadi Ashtiani, Iranienne de 43 ans, a été condamnée le 15 mai 2006 à 99 coups de fouet, pour «relation illégale». En septembre 2006, le dossier du meurtre de son mari a été rouvert, et l’Iranienne a été condamnée à 10 ans de prison pour «complicité de meurtre», et à la lapidation pour adultère. La communauté internationale se mobilise, notamment au travers d’une pétition lancée par Bernard-Henri Lévy qui a déjà recueilli plus de 101.862 signatures selon La Règle du Jeu.

De nombreuses personnalités la soutiennent. Fin août, Carla Bruni-Sarkozy avait pris sa défense, dans un plaidoyer qui a déclenché un tollé dans la presse iranienne, où elle a été traitée d'«épouse infâme», «prostituée», «immorale»... D'après la presse italienne, Catherine Deneuve aurait elle-même estimé qu'«étant donné son passé, [la première dame] aurait mieux fait de se taire». Dans un communiqué, l'actrice a démenti «formellement les propos qui lui sont prêtés» et a affirmé «son respect pour la personne et l'engagement de Mme Carla Bruni-Sarkozy».

À LIRE ÉGALEMENT SUR SLATE.FR: Comment se passe une lapidation en Iran

Photo: Sakineh Mohammadi Ashtani / REUTERS

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