France

Les Français ingrats avec Bettencourt et L'Oréal

Temps de lecture : 2 min

Si les possibles conséquences politiques et judiciaires de l’affaire Woerth-Bettencourt passionnent les Français depuis de nombreux mois, on entend peu parler des éventuelles conséquences économiques. Frédéric Parrat, avocat fiscaliste, enseignant-chercheur à l'université Paris-V répare cette injustice dans un article de la rubrique «Point de vue» du Monde et fustige le traitement public de l’affaire:

«La justice aurait dû mener ses investigations dans la plus grande discrétion et dans le respect de la présomption d'innocence. Au lieu de cela, tout est exposé à la vindicte populaire. […] Si les Français voulaient faire fuir les Bettencourt, ils ne s'y prendraient pas autrement. Imagine-t-on l'impact de cette affaire sur les entrepreneurs français qui hésitent encore à s'expatrier fiscalement?»

Frédéric Parrat rappelle en effet que la famille Bettencourt «a toujours refusé de s'expatrier fiscalement malgré les importantes économies d'impôt qu'elle aurait pu réaliser», faisant selon lui ainsi preuve de «patriotisme fiscal» là où beaucoup d’autres grandes fortunes, chefs d’entreprises, artistes et autres sportifs n’ont pas hésité à s’expatrier.

Alors que le groupe Suisse Nestlé lorgne de plus en plus sur une augmentation de sa participation dans le capital de L’Oréal, qui est déjà proche de 30%, l’avocat estime que les Français feraient mieux de faire en sorte que ce «fleuron industriel», qui emploie 65.000 personnes et dont l’impôt sur les entreprises rapporte à l’Etat 1 milliard d’euros, reste français.

Photo de Une: Liliane Bettencourt sur TF1 le 2 juillet 2010, capture vidéo

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