Monde

Un journaliste japonais emprisonné en Afghanistan affirme avoir utilisé Twitter depuis sa cellule

Temps de lecture : 2 min

Photo: Kosuko Tsuneoka lors de son retour au Japon, KYODO Kyodo / Reuters
Photo: Kosuko Tsuneoka lors de son retour au Japon, KYODO Kyodo / Reuters

Le journaliste japonais Kosuke Tsuneoka, libéré samedi 4 septembre après cinq mois de captivité en Afghanistan, a affirmé avoir trompé ses geôliers pour utiliser Twitter durant sa détention.

Le rédacteur a expliqué lors d’une conférence de presse que ses kidnappeurs n’étaient pas des talibans mais des soldats corrompus membres de la milice Hezb-e-Islami, et les a par ailleurs décris comme étant «peu éduqués». L’AFP rapporte ainsi les propos du journaliste:

«Ils semblaient avoir une interprétation très simpliste du monde, jugeant les musulmans bons et les autres mauvais

Vendredi 3 septembre, l’incrédulité avait été grande lorsque le compte Twitter de Kosuke Tsuneoka avait été mis à jour pour la première fois depuis avril. En effet, les deux messages ( et ici) envoyés étaient en anglais, envoyés depuis le site web et supposément depuis sa cellule, quand le journaliste ne «tweetait» qu’en japonais et depuis un logiciel précis.

Mardi 7, le premier concerné a répondu depuis Tokyo à ces interrogations en expliquant comment il avait pu berner ses ravisseurs afin de rassurer ses proches. Trois jours avant sa libération, un de ses gardes, apparemment peu gradé, lui montrait son nouveau smartphone, largement plus avancé que la plupart des téléphones dans cette région. Il ne savait pas s’en servir:

«Ils connaissaient le mot internet, mais ne savaient pas du tout de quoi il s'agissait.»

Après avoir appelé l’opérateur pour activer l’utilisation d’internet sur le téléphone, le garde, qui découvrait le réseau, demandait une démonstration au prisonnier afin d’accéder au site d’Al Jazeera. Celui-ci proposa ensuite d’aller plus loin:

«Si vous ne deviez faire qu’une chose sur internet, ce serait utiliser Twitter. [...] Lorsqu’on y écrit un message, on peut contacter beaucoup de journalistes japonais.»

Un argument pour le moins bancal, mais qui a semble-t-il suffit à convaincre son ravisseur, qui l’a autorisé à lui faire une démonstration. Les geôliers ne parlant pas anglais, Kosuke Tsuneoka est persuadé qu’ils n’ont à aucun moment réalisé qu’ils avaient été bernés. Pour l'agence Associated Press, sa libération serait liée à sa conversion à l'islam en 2000 plutôt qu'à ces messages.

Photo: Kosuko Tsuneoka lors de son retour au Japon, KYODO Kyodo / Reuters

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