Monde

L'Italie vers des élections anticipées

Slate.fr, mis à jour le 06.09.2010 à 16 h 09

Gianfranco Fini

Gianfranco Fini

«Le PDL est fini.» «Gouverner ne signifie pas  ordonner, mais garantir l’équilibre des pouvoirs».

Dans un discours politique de plus d’une demi heure dimanche 5 septembre à Mirabello, dans le Nord de l’Italie, le président de la chambre des députés Gianfranco Fini a lancé de dures attaques contre Silvio Berlusconi. Fini dresse un tableau noir du parti de Berlusconi, le Peuple de la Liberté, écrit le journal Il Fatto Quotidiano.

De la réforme de la justice au fédéralisme fiscal,  «uniquement possible s’il est fait dans l’intérêt de toute l’Italie, et non seulement sa la partie la plus développée», en passant par l’accueil du colonel Kadhafi le 28 août, «une génuflexion indécente» d’après Fini, tout est objet de critiques.

Même la télévision italienne ne ressort pas indemne du virulent discours du président de la chambre des députés: d'après lui «les journaux télévisés, à quelques exceptions près, ressemblent à des photocopies des feuilles d’ordre du gouvernement».

En guerre ouverte avec le président du conseil italien depuis son exclusion du Peuple de la Liberté en juillet dernier, Gianfranco Fini revient aussi sur son éviction, qu’il qualifie de «lapidation de type islamique»: «je ne suis pas parti, j’ai été viré» a-t-il lancé, estimant que c’était un acte autoritaire digne du pire stalinisme.

Pourtant Gianfranco Fini ne souhaite pas empêcher Silvio Berlusconi de gouverner, ni la tenue d'élections anticipées. Pas de scission donc, ni de coalition avec la gauche. Fini propose au contraire un «pacte de législature pour arriver au bout des cinq ans de gouvernement».

Apparemment, c’est raté. Berlusconi, irrité par les attaques de Fini, n’aurait même pas écouté son discours jusqu’au bout, et aurait coupé la télévision 15 minutes avant sa fin, lit-on dans le quotidien la Repubblica. «On dirait qu’il a passé les 15 dernières années sur Mars», a rétorqué le président du conseil, se plaignant du «populisme» de Fini: «Mais il se trompe s’il croit que je vais accepter ses chantages». Ne pouvant pas évincer Fini de sa fonction de président de la chambre des députés, Berlusconi caresse l’idée des élections anticipées. Par le biais de la Ligue du Nord, qui pousse au vote: «Il faut voter, il n’y a pas d’alternative», a déclaré le ministre de l’Intérieur Roberto Maroni.

Le parti d’extrême droite pourrait ainsi se charger de l’harakiri du gouvernement. Etant donné que Fini, soutenu par plus de 30 parlementaires, s’est engagé à ne pas faire tomber le gouvernement , la Ligue pourrait se charger de cette tâche ingrate et ne pas accorder sa confiance au gouvernement. En ouvrant donc la voie aux élections anticipées.

Photo: Gianfranco Fini, Wikimedia

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